La droiture élève une nation, mais le péché est une disgrâce et une honte des peuples. Proverbes 14 : 34

 

 

 

La moralité est le fruit des convictions profondes, et celles-ci peuvent être purement philosophiques ou découler des croyances religieuses. Je trouve que les convictions religieuses ont une profondeur que les convictions philosophiques ne peuvent avoir. Les convictions philosophiques sont utiles, mais elles ont la faiblesse de n’avoir d’autre référence que l’homme, ce qui peut entraver leur stabilité, d’autant plus que les courants philosophiques peuvent changer. Je vais donc parler des valeurs morales dans leur lien avec la spiritualité, dans le contexte de la foi Chrétienne.

 

 

 

En général, les convictions religieuses vont dans les tréfonds de l’être humain par le fait qu’elles établissent un lien entre l’être humain et Dieu et parce qu’elles connectent la vie présente aux réalités éternelles. Elles donnent un sens spirituel et transcendantal aux choses banales de la vie. Un Musulman qui s’abstient de la viande de porc et un Adventiste du septième jour qui s’abstient de certaines sortes de poissons à cause de leur conviction religieuse ont leur pieds sur une terre plus ferme que celui qui fait la même chose pour des raisons purement nutritionnelles. En effet, si ce dernier tombe sur un article scientifique qui remet en doute ses connaissances dans ce domaine, il court le risque de changer ses habitudes alimentaires.

 

 

 

Dans cette même ligne d’idées, un citoyen qui porte secours à son voisin parce qu’il est convaincu qu’en faisant cela, il réjouit le cœur de Dieu a une force qui peut lui permettre de mieux le faire que celui qui fait la même chose par simple compassion humaine. La spiritualité donne un caractère sacré aux gestes simples de la vie de tous les jours et confère la capacité de supporter des sacrifices incroyablement durs. En ajoutant la dimension de l’éternité à ce que nous faisons, la spiritualité donne un sens profond aux efforts autrement banals de la vie.

 

 

 

Beaucoup de gens épousent une religion par imitation ou par influence et vivent comme de simples adeptes de cette dernière, sans permettre à leurs croyances de se transposer en spiritualité. Ils suivent les rites et les cérémonies, participent aux cultes régulièrement pour faire bonne image mais ne se laissent jamais transformer. Pour cela, la croyance s’arrête sur la religiosité. La vraie religion, comme le dit bien la Bible, se mesure par les actions que posent ceux qui la prônent. Si la religion ne change pas notre style de vie, si elle ne réorganise pas nos priorités de la vie, c’est que nous avons raté la cible.

 

 

 

Le christianisme est la religion que je connais le plus, et que je peux donc me permettre d’expliciter, en ce qui concerne sa dimension morale.  La foi Chrétienne est tout simplement une nouvelle façon de voir tout et de vivre en conséquence. La Bible insiste beaucoup plus sur la transformation de la vie du croyant, à partir de ses croyances et valeurs. Ce changement se manifeste ensuite dans les attitudes et les actions.  La Bible enseigne une vision du monde qui est fondée sur la révélation de Dieu ; et cette nouvelle vision du monde a une dimension morale. Ceux qui mettent en pratique les enseignements bibliques s’engagent dans une vie de choix moraux en apprenant à vivre comme l’auteur de la vie le veut. Parfois, ce que je vois me rend perplexe. Je comprends mal comment une application fidèle des principes du créateur de la vie peut conduire à des injustices et des cruautés, quand on sait que le plus grand commandement des disciples de Christ est d’aimer les autres comme ils s’aiment eux-mêmes.

 

 

 

La moralité découlant d’une spiritualité qui résulte d’une bonne intégration des préceptes bibliques dans la vie de tous les jours constitue le socle sur lequel une nation peut fonder sa vie et connaître la paix, la stabilité et prospérité. Cette base est suffisamment forte et stable pour porter l’histoire. Mais, est-ce dire qu’une nation doit d’abord embrasser le Christianisme pour y arriver ? Eh bien, et même si cela peut surprendre, j’ai l’impression que la révélation de Dieu dépasse le cadre des saintes Ecritures – même si la Bible reste la révélation   divine par excellence, après l’incarnation de Jésus Christ. Mais quand on analyse les différentes cultures, on trouve qu’il y a des valeurs similaires à ce qu’enseigne la Bible alors que ces peuples ne connaissaient pas la Bible quand ils ont intégré ces valeurs dans leurs cultures.

 

 

 

Le fait que certains principes bibliques font partie des cultures où la Bible est inconnue me laisse penser que c’est la conséquence du fait que l’image de Dieu dans l’homme n’a pas été totalement détruite par le péché. Qu’un peuple applique une valeur parce qu’il la tire des saintes écritures ou comme valeur culturelle, les résultats seront les mêmes. La fermeture des prisons en Suède en 2016 est sûrement la conséquence de la réduction du taux de criminalité dans ce pays, même si la Suède n’est pas connue aujourd’hui comme un pays majoritairement Chrétien. C’est sûrement l’effet des valeurs humaines et sociales qui est derrière cette baisse de la criminalité. Mais, l’application du plus grand commandement devrait conduire à une situation meilleure. Si chacun aime son voisin comme il s’aime lui-même, on fera une société idéale.

 

 

 

Ainsi donc, toutes les cultures ont des restes de la perfection morale qu’avait l’homme avant la chute. Le péché n’a pas détruit toutes les bonnes choses. Il y a quelque chose de bon dans chaque humain qui existe, quel que soit le mal qu’il a fait ou fait. C’est d’ailleurs pour cette raison que je soutiens l’abolition de la peine de mort. Personne n’est tellement mauvais qu’il est désespérément irréparable ; et chaque culture porte les marques de ce qui reste de l’image de Dieu en l’homme. Seulement, chaque culture a aussi ses antivaleurs, car elle porte les marques de la chute également. L’homme ne peut pas être la référence absolue de l’éthique. Une spiritualité qui vient d’une bonne compréhension de la révélation de Dieu est seule capable de nous fournir une base morale suffisamment solide et stable.

 

 

 

Je sais que ceci provoque au moins quatre questions pertinentes chez le lecteur avisé, surtout ceux qui n’ont jamais pris la Bible comme une source d’une moralité capable d’avoir un impact positif sur les aspects nationaux de notre vie. Je vais y brièvement répondre à ces questions.

 

 

 

(i) Est-ce que je prône la théocratie ? Non. Aucun système politique, y compris la théocratie, n’est parfait  aussi longtemps que ce sont les humains qui doivent le faire fonctionner. Ce qui compte le plus, ce sont les principes fondamentaux qui sous-tendent les systèmes politiques et la capacité des peuples et de leurs dirigeants de respecter ces principes. Les gouvernements théocrates se sont souvent rendus coupables de crimes odieux au nom de la religion, et les pays les plus paisibles ne sont pas nécessairement théocratiques. Mais, admettons-le, chaque système politique a ses faiblesses ; et certains en ont plus que les autres. La démocratie a ses faiblesses aussi, mais elle constitue le système le plus en vogue aujourd’hui. Si elle est fondée sur de bons principes ; et si ces principes sont bien intégrés dans la vie du peuple, elle peut assurer le bonheur des nations. Le danger de la démocratie est qu’une majorité immorale peut imposer l’immoralité et l’institutionnaliser.

 

 

 

 (ii) Est-ce que tous les Burundais doivent croire la Bible pour que notre nation soit paisible, stable et prospère ? Non. Cette question confond les rôles de deux institutions différentes : la religion et l’état. Il appartient à la religion d’enseigner les préceptes religieux et d’encourager la conversion. L’institution de l’état a l’obligation d’organiser le pays quitte à garantir le bien-être à tous ceux qui y habitent, qu’ils soient Chrétiens ou non. Sur le plan social, des principes comme le respect des biens des autres (Tu ne voleras pas), le respect de la vie de l’autre (Tu ne tueras point), la compassion envers les nécessiteux (Tu aimeras ton prochain comme toi-même) sont très importants pour bâtir une société paisible. Les valeurs humaines et sociales sont bonnes pour la société, même quand elles ne se réfèrent pas à une religion donnée. Mais si elles sont pratiquées comme faisant partie d’une saine spiritualité, c’est encore mieux.  Mais, forcer tous les Burundais à croire la Bible, c’est tomber dans une erreur fatale qui a déjà prouvé sa nocivité : le fondamentalisme religieux.

 

 

 

 (iii) Est-ce que l’Eglise doit contrôler l’état pour que notre pays puisse être paisible, stable et prospère ? Non. Cela n’est ni nécessaire ni salutaire. Au contraire, le contrôle de l’état par l’Eglise conduira à des abus graves qui terniront l’image de Dieu aux yeux des non-Chrétiens. Le rôle de la religion n’est pas de contrôler l’état, mais d’assurer l’éducation spirituelle des gens. Cette éducation spirituelle a des répercussions sur leur moralité et leur style de vie. En aidant les fidèles à intégrer les principes moraux qui découlent de leur foi, l’Eglise rend un service à l’état. Si tous les Chrétiens ne mentaient pas, ne volaient pas et ne tuaient pas, on aurait moins de problèmes déjà. Quand la religion cherche à contrôler l’état, elle affirme qu’elle a échoué sa mission de transformer les vies et qu’elle veut les transformer par la force que procure le pouvoir politique. Dieu n’a pas donné à l’Eglise le rôle d’imposer Son Royaume sur le monde, mais de prêcher l’évangile et d’éduquer les croyants pour qu’ils deviennent de bons disciples de Jésus Christ. Si la religion devait contrôler l’état, Jésus aurait peut-être commencé ou terminé son ministère au sénat Romain.

 

 

 

 (iv) Est-ce que les votes doivent suivre la ligne religieuse ?  Ceci reviendrait à vouloir soumette l’état à l’Eglise, la politique à la théologie. A part que cela constitue une erreur théologique, c’est aussi un danger dans un contexte de pluralisme politique et religieux. Traditionnellement, la mobilisation politique se fondait beaucoup plus sur l’ethnisme et le régionalisme. A cela, certains sont en train d’ajouter la religion comme outil de mobilisation politique. Cette pratique réduit les fonctions politiques à une forme de mission « tribaliste». Elle encourage le clientélisme et la pratique de l’exclusion des minorités religieuses dans l’exercice des fonctions publiques ; et divise le pays en factions hostiles, le prédisposant ainsi à des heurts violents entre ces groupes. Un leader éclairé, respectueux de son peuple et capable de l’aider à avancer vers la réalisation de sa destinée, voilà ce qu’il nous faut. Rien ne dit qu’un tel leader doit être de la religion du votant.

 

 

 

Prôner les valeurs bibliques dans l’édification d’une nation paisible, stable et prospère n’implique donc pas l’amalgame entre la religion et l’état. Plutôt, c’est une façon de mettre la spiritualité au service de la société, et l’éthique Chrétienne au service de la politique. Jésus a dit que ses disciples sont le sel et la lumière de la société (Mathieu 5 : 13-16). En fait, selon cette affirmation de notre Seigneur, le monde ne peut pas rester comme il est s’il y a des disciples en son sein ; de même que le goût de la nourriture ne peut pas ne pas changer si on y met du sel.

 

 

 

Etre le sel et la lumière, c’est accomplir les fonctions de préservation de la saveur de la vie dans la société en arrêtant le processus de décomposition morale et spirituelle. Pour jouer ce rôle, il faut absolument vivre une vie qui incarne les valeurs qui découlent des préceptes bibliques. C’est vivre d’une façon qui freine l’avancée de l’immoralité et qui rend la vie un peu plus agréable là où on est.   J’ai entendu parler d’un homme d’affaire qui, quand il veut recruter un employé, recherche toujours des Chrétiens à cause de leur honnêteté ; alors que lui n’est pas Chrétien. C’est ce genre de témoignage qu’il faut encourager.  Evidemment, ceci ne veut pas dire que tous les Chrétiens sont honnêtes – même s’ils devraient tous l’être! En effet, il y en a aussi d’hypocrites, et certains employeurs ont été déçus car ils sont tombés sur des Chrétiens de nom comme employés.

 

 

 

Ce que je vois comme la meilleure voie, c’est une spiritualité qui place la transformation de l’individu au centre de son essence et qui veut remplacer les vices humains par des valeurs divinement inspirées. En tant que citoyen d’un pays victime d’une profonde crise de valeurs, je dirais qu’à ce niveau, ce qui compte n’est pas la religion, mais le sérieux avec lequel on la vit et ce qu’elle produit. Et comme nous sommes une société religieusement pluraliste, nous avons besoin d’aller au-delà de notre religion dans notre perception de la société. En effet, sur le plan strictement social, nous avons besoin de citoyens honnêtes, travailleurs et compatissants, indépendamment de ce qui les rend pareils. Biologiquement, nous n’avons pas besoin de nous intéresser à l’arbre qui a produit la mangue que nous achetons au marché pour pouvoir la déguster avec plaisir. De même, sociologiquement et politiquement, nous n’avons pas besoin d’imposer telle ou telle religion au peuple ; nous avons juste besoin d’une population qui, par les valeurs qu’elle a apprises, est capable de vivre ensemble harmonieusement et de travailler pour son développement. Si, par honnêteté, les citoyens payent les impôts fidèlement, qu’ils soient Chrétiens ou non, cela aura un impact positif sur les recettes publiques. Cependant, l’idéal serait que les gens pratiquent les valeurs, non pas comme des valeurs morales seulement, mais comme une manière de vivre conséquente à leur spiritualité – et c’est cela le travail de la religion. Les valeurs sont de loin mieux intégrées dans la vie d’un peuple quand elles reflètent la piété de ce peuple.

 

 

 

Prenons un exemple d’enseignements bibliques qui renferment des valeurs susceptibles de stabiliser une nation. Une simple analyse montre que le décalogue n’est pas qu’un simple instrument religieux. C’est surtout un pacte de moralisation de la société qui pose les bases d’une société saine. Prenons les dix commandements (Exode 20 : 11-17) et voyons, brièvement, comment leur intégration dans la vie d’un peuple affecte positivement ce peuple.

 

 

 

1)         Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi – tu adoreras Jéhovah seulement. Quand l’homme reconnaît l’autorité de Dieu sur sa vie, il se place sous les obligations morales de Dieu. Ces obligations comprennent le respect de la sacralité de la vie, le respect du bien d’autrui, etc., comme les autres commandements le démontrent. S’engager à la soumission et à l’obéissance, c’est s’engager à pratiquer la droiture – et on sait qu’elle élève une nation (Proverbes 14 : 34). Mais, soulignons un double danger : le risque de mal interpréter les Ecritures et le risque de radicalisme aveugle qui fait de la religion une obligation légale et un instrument d’oppression.

 

 

 

2)         Tu ne te feras pas d’idoles ou des représentations des choses qui sont au ciel, sur la terre ou dans les eaux. Quand on remplace Dieu par quelque chose d’autre, que ce soit une idole réelle, l’argent, le plaisir, le pouvoir, etc., on s’expose à la tyrannie de la chair. Il est intéressant de remarquer que chaque fois que l’idolâtrie a dominé la scène privée et publique en Israël, une déchéance morale s’en suivait ; et celle-ci occasionnait un déclin politique de la nation. Selon les récits des prophètes de l’Ancien Testament, l’asservissement (perdre de la souveraineté) et le désordre (affaiblissement extrême des institutions politiques) connus dans l’histoire d’Israël ont toujours été les marques visibles d’un déclin spirituel.  Une bonne spiritualité a des répercutions significatives sur la vie d’un peuple et sur ses institutions.

 

 

 

3)         Tu n’utiliseras pas le nom de Dieu avec légèreté. Il est impossible à l’homme de comprendre la grandeur de Dieu d’une façon exhaustive. Dieu n’a ni début ni fin, Il n’a rien à apprendre et n’a pas besoin d’insister dans ce qu’Il fait. Il a la destinée de nos vies entre ses mains, Il a choisi de faire de nos ses partenaires – même si nous gâchons ses plans souvent. Il mérite notre respect volontaire et absolu. Vivre sans une autorité suprême à laquelle on soumet sa vie, c’est laisser libre cours à toutes sortes de comportements capricieux. Celui qui vit ainsi devient son propre dieu et, s’il a assez de pouvoir dans la société, peut se diviniser littéralement et exiger qu’on l’adore.

 

 

 

4)         Tu te reposeras le jour du sabbat. Le principe du repos hebdomadaire pour adorer Dieu est, non seulement une nécessité spirituelle, mais aussi un besoin physique et psychologique. Le corps humain a des limites, il a besoin de repos pour ré-emmagasiner les énergies avant de se lancer en activités encore une fois. Le travail excessif crée toutes sortes de pathologies mortelles. Le principe du repos hebdomadaire aide à éviter d’avoir une société pleine de personnes souffrantes à cause du surmenage et du stress.  Aujourd’hui, la dangerosité d’une vie remplie de stress est devenue suffisamment évidente que la profondeur de ce commandement n’est pas difficile à comprendre.

 

 

 

5)         Honore ton père et ta mère. La seule garantie que la génération suivante pourra préserver les acquis culturels et moraux des générations précédentes, c’est une bonne transmission de ces acquis, des parents aux enfants. L’insoumission des enfants brise cette chaîne et peut dangereusement compromettre l’avenir de la société. Une société sans moralité est une société en dégénérescence. Et comme les parents représentent l’autorité dans la vie des enfants, une génération qui ne respecte pas ses parents est une génération qui ne respecte aucune autorité. Avec une telle génération, le désordre est garanti.

 

 

 

6)         Tu ne tueras point. L’homme est le chef-d’œuvre de la création et Dieu tient à ce que sa vie soit préservée. Porter atteinte à sa vie, c’est l’acte le plus inhumain qu’un homme puisse commettre, c’est un affront direct au Créateur. Le meurtre met fin à une vie unique et irremplaçable, déchire les cœurs des survivants, brise les liens de confiance et entretient un climat de méfiance et de vengeance dans la société. Verser du sang innocent, c’est appeler la malédiction – sur le meurtrier d’abord (Deutéronome 27 : 25) et sur la société ensuite (Genèse 4 : 10-112). Respecter le principe de la sacralité de la vie, c’est le moyen le plus sûr de bâtir une société paisible.

 

 

 

7)         Tu ne commettras point d’adultère. L’inconduite sexuelle peut satisfaire les passions charnelles mais elle constitue une démonstration de l’incapacité de maîtriser les passions humaines. Or, comme le dit la Bible, celui qui se maîtrise est plus héros que celui qui fait la conquête des villes. La maitrise de soi constitue une des principales forces de caractère et une des causes de la stabilité des sociétés. En outre, la promiscuité sexuelle cause des blessures émotionnelles profondes, brise les foyers, cause le divorce, entraîne la prolifération d’enfants sans accompagnement parental complet, etc. Tous ces éléments sont de gros facteurs de déstabilisation de la société.

 

 

 

8)         Tu ne voleras point. Le respect des biens d’autrui est un principe qui a la force de créer une société de paix et de prospérité. Quand les producteurs sont victimes d’attaques mortelles par des avides qui veulent s’enrichir en dépouillant les autres, vous pouvez vous attendre à la fuite des capitaux. Mais quand les biens d’autrui sont respectés, vous pouvez vous attendre à plus de production, ce qui fortifie et stabilise l’économie. Les investisseurs ont besoin d’une société ou leurs investissements sont protégés, et leur protection se fait mieux par une culture du respect des biens de l’autre que par les armes.

 

 

 

9)         Tu ne proféreras pas de faux témoignages contre les autres. Les fausses accusations et les montages ont emporté des vies humaines et ruiné les familles dans notre pays. Les faux témoignages contre une personne innocente constituent un autre affront grave à la sacralité de la vie. Une société qui n’éradique ce mal sera éradiquée par lui.

 

 

 

10)       Tu ne convoiteras pas ce qui appartient à d’autrui. Après la cupidité, la jalousie constitue l’une des principales causes d’actes méchants envers des personnes innocentes. A cause de leur réussite, beaucoup de gens ont souffert, simplement parce que quelqu’un était jaloux de leur réussite. La jalousie est un mal qui nuit à ceux qui réussissent ; alors que la société a besoin de leurs apports et de leurs expériences pour s’améliorer. La jalousie prive la société de la contribution des meilleurs de ses membres.

 

 

 

Je sais que les explications données sont plutôt courtes et pas assez explicites. J’espère, cependant, que le lecteur comprend la liaison entre la spiritualité et la réussite d’une nation. La spiritualité nous donne les valeurs qui sous-tendent nos attitudes, nos actions et la qualité de nos relations. Or, c’est exactement ces choses qui déterminent ce qu’une nation devient.

 

 

 

Revenons à l’image d’une mangue. Le fait de ne pas connaitre le manguier qui a produit une mangue ne change rien sur sa saveur. Cependant, la mangue ne peut pas exister s’il n’y a pas de manguier, et une bonne mangue vient absolument d’un bon manguier. Et comme Chrétien, je connais un bon manguier capable de nous produire de bonnes mangues : la spiritualité inspirée des principes bibliques. La spiritualité n’est rien d’autre que l’intégration pratique des enseignements religieux dans la vie de tous les jours. Mais en tant que théologien, je sais aussi que la révélation divine contenue dans les saintes Ecritures est plus qu’un instrument sociologique ; c’est une piste de réconciliation entre l’homme et Dieu. Même si nous parvenons à bâtir un pays paisible, stable et prospère, si nous ne sommes pas en bons termes avec Dieu, nous avons une éternité d’ennuis terribles devant nous. Mon intention n’est donc pas de réduire la Bible à un outil politique ou sociologique ; il est bien plus que ça. Mais s’il y a quelqu’un qui refuse de la croire, qu’il accepte au moins de vivre en harmonie avec les autres. Pour le reste, il aura à répondre devant Dieu.