Chaque peuple bâtit ou détruit son pays

 

 

 

En partie, bâtir une nouvelle nation signifie développer un esprit de tolérance, d’amour et de respect entre les citoyens de ce pays. Nelson Mandela

 

Un bon gouvernement peut, bien-sûr, redresser la douleur d’un peuple souffrant ; mais seul un peuple fort peut bâtir une nation forte. Jarofquotes.com

 

 

 

Ce qu’est une nation, c’est ce que sont ses habitants. Une nation ne peut pas être meilleure que ses habitants. Si un pays a des citoyens malhonnêtes qui trichent, mentent, ne respectent pas leurs engagements, se trahissent mutuellement, cela se répercutera sur l’état de ce pays – la. Il sera plein de litiges interminables, et ses lois ne seront pas respectées. Des citoyens paresseux ou ceux qui consomment d’une façon extravagante font une nation pauvre et irresponsable dans ses consommations. Des citoyens violents font une nation violente, pleine de conflits sanglants.

 

Mais, le problème ne s’arrête pas là. Les dirigeants des nations sont issus de la masse de la population. Ainsi, si les citoyens sont malhonnêtes, paresseux et violents, ils produisent des leaders qui leur ressemblent. Avec ces vices dans les cercles de prise de décision, ils finissent par s’institutionnaliser et devenir « normaux ». La vertu devient l’anomalie ! La malhonnêteté, la richesse facile, l’abus du pouvoir et d’autres maux deviennent alors la façon de diriger. Une telle situation est extrêmement dangereuse.

 

L’encyclopédie en ligne, wikipedia, définit la nation comme une communauté de personne qui sont conscients de leur unité au moyen de la langue, la culture, l’ethnicité et le partage d’intérêts particuliers. Ce partage d’intérêts présuppose une convergence de buts ainsi qu’un climat relationnel suffisamment sain pour permettre aux habitants de cette nation de poursuivre et d’atteindre ces intérêts partagés de la façon la plus harmonieuse possible. En effet, la divergence d’intérêts peut facilement conduire à la volonté de domination ou de séparation et provoquer des guerres sanglantes.

 

Si nous prenons cette idée d’une communauté de personnes qui vivent ensemble et qui sont unis par des intérêts partagés, il va de soi qu’elles soient régies par les mêmes lois et sous l’autorité des mêmes institutions. C’est ici que la dimension d’état entre dans la danse ; et nous nous retrouvons avec le concept d’état-nation. En plus d’avoir des choses en commun et une même destinée, nous avons aussi d’institutions qui régulent nos relations pour survivre, préserver ces choses que nous partageons et atteindre les objectifs que nous avons comme peuple. Par conséquent, nous ne pouvons pas laisser de côté l’idée d’ordre et d’harmonie dans l’édification d’un état-nation. Il est comme un édifice ; elle doit se bâtir sur une fondation solide pour pouvoir fournir à ses membres un contexte de bien-être individuel et collectif, résister aux intempéries de la méchanceté humaine et aux secousses impitoyables de l’histoire. Car, avouons-le, le plus gros problème de l’homme, c’est l’homme. Et la plus grande source de solution aux problèmes de l’homme, c’est aussi l’homme.

 

En d’autres termes, la stabilité d’une nation dépend de sa capacité de restreindre l’expression du mauvais côté de la nature humaine. Car, en dépit de ce que certains philosophes humanistes s’évertuent à nous faire avaler sur la nature de l’homme et de la société, ce n’est pas la société qui rend l’homme mauvais. Tout ce que la société fait, c’est d’amplifier le mal qui est latent en lui. Le mal va dans les deux sens. D’une part, le mal individuel se développe en mal culturel et institutionnel. D’autre part, le mal culturel et institutionnel renforce l’esprit du mal dans les jeunes générations. Nous faisons nos institutions ; et puis elles nous font.

 

 Mais, dire que l’homme est parfait et que la société lui apprend à faire le mal, c’est dire que le mal est culturel et institutionnel avant d’être individuel. Une telle affirmation doit se heurter à la dure réalité de l’histoire de la société humaine car, elle ne peut pas nous expliquer comment le mal a été introduit dans les cultures et les institutions pour la première fois s’il n’est pas venu de l’homme. En outre, elle ne peut pas expliquer non plus pourquoi les enfants n’ont pas besoin qu’on leur apprenne à être égoïstes avant de faire preuve d’égoïsme. Les saintes écritures nous disent que la perfection de l’homme a été détruite par l’intrusion du péché dans l’univers. A partir de là, les relations humaines ont été infestées (voir le meurtre d’Abel par son frère Caïn en Genèse 4). Ensuite, des générations entières (voir la Génération de Noé en Genèse 6) et des villes (voir le cas De Sodome et Gomorrhe en Genèse 13 : 13) ont été entrainés dans la méchanceté. Mais tout a commencé par un péché individuel. 

 

Une nation est faite de personnes d’arrière-plans différents appelées à vivre ensemble en harmonie. Plus cette harmonie est grande, plus la nation est paisible et stable. Mais plus l’harmonie interpersonnelle manque, plus fragile cette nation devient. Certes, la perfection est impossible dans ce monde, mais les maux ne s’équivalent pas. Un village de 100 ménages avec dix couples qui se font la guerre chaque soir sera plus paisible qu’un village dont la moitié des couples sont en guerre. Les relations interpersonnelles déterminent le climat général qui règne dans communauté ; et l’état des communautés fait l’état de la nation.  

 

C’est pour encourager des relations harmonieuses entre les membres d’une même société que la loi a été inventée. Comme certaines personnes ont du mal à respecter les droits des autres sans y être forcées, alors il faut les y contraindre. Leurs caprices et leur méchanceté doivent être maitrisés pour protéger et préserver l’intérêt commun. Ainsi, on a besoin de la loi pour définir ce qui est interdit et les sanctions prévues pour ceux qui ne la respectent pas. Mais, nul n’ignore que la connaissance de la loi ne produit pas la volonté et la capacité de la respecter. Par conséquent, ceux qui font le mal ne sont pas toujours ignorants du caractère négatif de ce qu’ils font. La loi ne suffit pas pour contenir le mal dans la société. Pour cette raison, il faut des mécanismes de coercition pour imposer le respect de la loi s’il le faut, d’où la nécessité d’avoir des cours et tribunaux, des prisons et la police.

 

L’existence de la loi, des cours et tribunaux et de la police est une preuve de l’échec humain sur le plan moral. La multiplication des lois et des mécanismes de coercition est un signe éloquent de l’échec moral. En effet, toutes ces choses fonctionnent comme des béquilles qui aident à préserver l’harmonie entre les membres d’une société donnée quand la meilleure manière de préserver cette harmonie a échoué.  Je les appelle des béquilles parce que nous savons qu’il y a des gens qui n’en ont pas besoin pour vivre en harmonie avec les autres. Il y a des gens qui passent leur vie sans commettre un seul acte qui puisse entrainer leur comparution devant le juge. Ils ont juste un profond sens du bien et du mal, une conscience sensible et cela leur suffit pour ne pas commettre des crimes. La loi, les cours et tribunaux et la police sont rendus nécessaires par le dérèglement de cette boussole morale dans les vies des membres d’une société.

 

C’est ici que je trouve notre société contradictoire. La foi Chrétienne a des implications morales sur tous les domaines de la vie. Celui qui a appris à craindre l’Eternel et à appliquer ses instructions dans sa vie de tous les jours n’a pas besoin de lois pour bien se conduire. Il n’a pas besoin de superviseur pour bien faire son travail, il n’a pas besoin de pots de vin pour rendre un jugement juste, il n’a pas besoin de la menace de la prison pour déclarer ses revenus fidèlement aux autorités fiscales. Il n’a pas besoin de la peur des conséquences (emprisonnement, amendes, etc.) pour ne pas tricher (que ce soit en classe, dans les affaires ou dans la gestion du pouvoir). Il n’a pas besoin de craindre la prison pour ne pas porter atteinte à la vie d’un autre. Alors, comment est-ce possible que des crimes se commettent si souvent dans un pays dont plus de 70% disent être Chrétiens ? Nous avons la religion, mais très peu de spiritualité.

 

 Je voudrais dire que la crainte de l’Eternel et la droiture qu’elle produit sont la plus grande garantie de la paix, la stabilité et la prospérité de notre nation. La Bible déclare que la justice (la droiture) élève une nation (Proverbes 14 : 34), et cela s’applique sur n’importe quelle nation. Les valeurs dont nous parlons, ce sont les manifestations d’une vie de droiture. Je suis convaincu que même si un pays multiplie les lois et des organes de répression du mal, il ne pourra pas tenir sans droiture. Au contraire, plus la droiture gagne dans la vie d’un peuple, moins ce peuple aura besoin de lois. En outre, une nation sans valeurs utilisera beaucoup de moyens pour contenir le mal en son sein ; mais une nation dominée par la droiture pourra investir ces moyens pour le bien-être de son peuple.

 

Comme je l’ai dit, la multiplication des lois, des prisons et des armes pour contrôler la population est la manifestation d’une crise de valeurs. Plus on a besoin de ces mécanismes de contrôle de l’homme, plus profond est le dérèglement de la boussole morale individuelle et collective au sein de la population, et souvent, de la classe dirigeante.  Et quand cela arrive, les activités essentielles sur lesquelles un pays devrait concentrer ses ressources reçoivent une attention réduite. On ne peut pas peindre une maison qui brûle – même quand ses murs sont sales ! Prenons deux exemples. En 2016, un article parlant de la fermeture des prisons en Suède a circulé sur la toile. En même temps, au Burundi, les arrestations se faisaient en masse et les prisons débordaient de prisonniers. Un pays riche qui ferme les prisons et un pays pauvre qui emprisonne ses producteurs potentiels ! Beaucoup considèrent la Suède comme un modèle de la démocratie socialiste. C’est un pays qui investit dans les projets d’intérêt public pour s’assurer que tous les habitants (y compris ceux qui n’ont pas d’emplois) vivent dans des conditions minimales de dignité. Mais, cela n’est possible que s’il y a un minimum de base morale.

 

Avec la fermeture des prisons, le gouvernement Suédois s’est certainement retrouvé avec un budget supplémentaire pour appliquer davantage cette politique d’un état qui recherche le bien-être des habitants (welfare state). Inversement, en 2016, le Burundi se comptait parmi les pays les plus pauvres de la planète. Un rapport d’une ONG internationale avait même fait état d’une réalité troublante (mais contestable) l’année précédente : les Burundais étaient les plus malheureux de la planète. A côté d’une situation économique très morose, la crise politique remplissait nos prisons de nouveaux arrivants presque chaque jour. Souvent, c’étaient des hommes et des femmes en âge de produire qui étaient arrêtés – ce qui implique un affaiblissement de la production et l’intensification des problèmes économiques dans les ménages. Pire encore, à cause de cette même crise politique, le gouvernement avait acheté des armes, pendant que les mendiants se multipliaient dans les places publiques. Comment est-ce que ceci se connecte au problème des valeurs ?

 

A mon sens, la crise de 2015-2016 a été une crise morale avant d’être une crise politique. La malhonnêteté, l’égoïsme et la brutalité ont été les véritables causes de toutes les pertes que le pays a connues. S’il y avait eu assez de transparence, de sincérité et d’honnêteté, la question qui a été le déclencheur de la crise aurait pu se résoudre sans qu’une seule balle ne soit tiré. Même les manifestations n’auraient pas été nécessaires, et elles auraient été pacifiques si elles avaient eu lieu. La violence est toujours la conséquence de l’échec de la raison et de l’humanité.

 

Revenons maintenant à notre édifice. Ce que je viens de dire conduit à une conclusion : la stabilité d’une société se fonde sur deux choses – la capacité de ses habitants à vivre harmonieusement et la capacité de cette société de maîtriser ceux qui refusent de vivre selon les règles morales et légales qui rendent cette harmonie possible. Mais comme je l’ai dit, la deuxième est rendue nécessaire par l’échec de la première ; et les deux n’ont pas la même capacité de garantir une société paisible. On vit de loin mieux en harmonie avec son voisin lorsqu’on le fait naturellement comme un principe de la vie que quand on le fait pour éviter la prison. Ceci revient à dire que la stabilité d’une société est beaucoup plus sûre quand elle est le fruit de l’intégration des valeurs par ses habitants ; et non quand elle est le fruit de la peur qu’inspire la punition.

 

Par ailleurs, il y a des situations où l’application de la loi complique le problème, et ou les valeurs comme le pardon et la réconciliation peuvent mieux rétablir les relations perdues ! Quand, par exemple, on emprisonne un homme qui a battu sa femme, il est vrai qu’on sanctionne une personne dangereuse. Mais, la médaille a un revers ! En effet, dans certains cas, on prive la famille de sa seule source de revenus et on prive aux enfants de la présence nécessaire d’un père. Enfin, il arrive que cela crée une situation d’hostilité au sein des belles-familles, compromettant ainsi la possibilité d’un rapprochement pacifique entre les conjoints et leurs familles. Évidemment, ceci ne veut pas dire qu’il ne faut pas sanctionner les hommes qui abusent leurs femmes ; je voulais juste montrer les limites de la coercition dans la promotion de l’harmonie sociale. 

 

Il est important de parler, un peu plus en détails, de la supériorité des valeurs en termes de capacité de stabiliser une nation. Je vais insister sur trois aspects de la vie nationale que je désire de tout mon cœur pour mon pays : la stabilité, la paix et la prospérité. Les trois aspects sont directement liés aux besoins naturels de tout être humain normal et se retrouvent consignés dans notre constitution, les Accords d’Arusha et la vision 2025. La paix est directement liée à la manière dont les gens se traitent mutuellement et la façon dont ils traitent les biens qui appartiennent aux autres. La stabilité d’un pays est beaucoup liée à la légalité, la solidité et la performance de ses institutions. La prospérité économique est le fruit de judicieux investissements favorisés par une bonne politique économique et la stabilité politique. Elle est aussi le fruit d’un bon travail de bonnes institutions étatiques.

 

La stabilité et la performance des institutions sont intimement liées. En effet, des institutions légalement mises en place et performantes jouiront de l’approbation et du soutien de la population. Il ne suffit pas de d’avoir des élections pour avoir la stabilité politique. Les élections doivent être crédibles pour produire des leaders incontestables. En outre, il ne suffit pas d’avoir des élections crédibles pour avoir des institutions stables. La confiance dont les institutions jouissent dépend aussi de leur capacité de bien faire leur travail, à la satisfaction générale du peuple. Nous savons que l’instabilité politique est souvent le fruit des contestations causées soit par les allégations d’illégalité des institutions ou par leur médiocrité.

 

Quant à la prospérité, elle est liée à un taux élevé de productivité et à une bonne gestion de la production. La production implique beaucoup de facteurs interconnectés : une bonne politique de développement économique, une bonne fructification des ressources disponibles, une bonne gouvernance qui encourage les investisseurs locaux et étrangers, la culture du travail, la culture de l’épargne, l’accès équitable à l’éducation, une politique fiscale encourageante, etc.  Toutes ces choses sont de deux catégories : la perspicacité et la compétence des institutions dirigeantes d’une part ; et la culture générale au sein du peuple. Et dans les deux cas, les valeurs restent déterminantes.

 

A y regarder de plus près, la réussite dans ces trois domaines (paix, stabilité et prospérité) est beaucoup plus dépendante de la disposition intérieure des gens que de la force des cours et tribunaux ou de la brutalité des organes de la paix et des conditions inhumaines dans les prisons. Il est de loin plus difficile et coûteux de faire travailler une population de dix millions par la chicotte et la menace des sanctions que par une culture du travail bien intégrée dans la vie des habitants comme une valeur. On peut punir un élève qui insulte son enseignant ou son camarade d’école, mais cela ne lui donne pas la capacité de faire preuve de gentillesse envers les enseignants et les autres élèves. On peut faire de très bons textes qui régulent le fonctionnement des institutions mais cela ne donne pas aux décideurs la disposition de cœur qui est nécessaire pour faire ce que ces textes recommandent. On peut faire des contrats très clairs, vérifier si chaque employé fait son travail comme il se doit et bloquer la promotion des paresseux ; mais cela ne confère pas nécessairement la volonté et la capacité de bien travailler.

 

Et pourtant, nous savons qu’il y a toujours eu des élèves polis naturellement et des décideurs qui font leur travail d’une façon exemplaire comme une expression de leur caractère et de leur personnalité, même quand les tentations de la tricherie sont légion. Nous savons aussi qu’il y a des employés qui s’acquittent de leurs responsabilités sans supervision rapprochée ; et qui font plus que ce qu’exigent leurs contrats. Plus une nation a des citoyens qui font ‘naturellement’ ce qui est bon et nécessaire pour la stabilité, la paix et la prospérité de leur pays, plus durable sera le développement de cette nation, sa paix et sa stabilité. Plus une nation doit dépendre de la force des armes et des prisons pour amener ses citoyens à faire ce qu’ils doivent faire, plus fragile sera son développement.

 

Nous avons donc les valeurs morales et la contrainte comme les deux instruments d’édification d’une société ; mais nous reconnaissons que les valeurs sont plus puissantes pour stabiliser une nation et que la contrainte intervient quand les gens ne les respectent pas. Or, quand vous voulez bâtir un bâtiment solide, vous ne choisissez pas les matériaux les moins efficaces. Notre pays est plus important que tous les bâtiments qu’on puisse imaginer ; il mérite nos meilleurs soins. Et si, comme cela transparait dans la constitution et dans la vision 2025, nous voulons édifier un pays paisible, stable et prospère, nous savons maintenant ce qu’il faut faire ; et où il fait insister. Mais, comme l’homme a le droit de choisir ce qu’il fait, nous devons toujours nous attendre à la possibilité de mauvais choix. Pour cela, une approche fondée sur la fermeté de la justice est donc inévitable – c’est le plan B. Mais cela n’est pas le sujet de notre analyse.

 

Lorsque j’écoute ceux qui dénoncent la corruption, l’hypocrisie, la violence politique, la mauvaise gouvernance et d’autres pratiques répréhensibles, je comprends leur colère. Ces choses sont une manifestation concrète des antivaleurs comme le mensonge, l’égoïsme, la malhonnêteté et l’irresponsabilité. Elles détruisent notre pays. Et comme notre pays nous appartient tous, nous avons intérêt à ne pas le laisser subir les assauts de l’immoralité sans rien faire. Quand il va s’écrouler, nous partirons avec lui. Mais deux questions me viennent à l’esprit : (1) est-ce que nous pouvons avoir des leaders honnêtes dans une société malhonnête ? (2) Si nous en avons, est-ce qu’ils peuvent réussir avec un peuple malhonnête ?  Inversement, est-ce qu’un peuple malhonnête peut produire des leaders honnêtes ? Et s’il le peut, peut-il marcher sur les sentiers que lui tracent de tels leaders ?

 

En y réfléchissant, je me suis rendu compte que le problème n’est pas aussi simple que nous voulons le croire. Ce que nous voyons dans la cime l’arbre vient de ses racines. Aussi longtemps que la tricherie est vénérée dans nos écoles, la corruption s’imposera dans nos organisations et dans nos gouvernements. Aussi longtemps que la transparence manquera dans la gestion des revenus familiaux, elle manquera aussi dans la gestion des affaires de l’état. Aussi longtemps que la consommation extravagante sera célébrée dans nos fêtes et dans nos bars, alors la frugalité sera inconnue dans la gestion des fonds publics. Tout en condamnant l’immoralité dans les institutions, il faut pouvoir l’éradiquer dans la société. Après tout, les systèmes corrompus ne sont pas mis en place par des démons venus d’une autre planète, mais par des gens – des gens déjà corrompus avant de faire partie de ces systèmes. L’inverse est aussi possible !