La justice

 

La justice dans le comportement de l’état est possible seulement si elle réside d’abord dans les cœurs des citoyens de cet état. Platon

 

Vous vous efforcerez de rendre la justice de manière objective. Alors vous pourrez vivre et prendre possession du pays que le Seigneur votre Dieu vous donne. Deutéronome 16 : 20 (Français Courant)

 

 

 

La justice est le fondement par excellence d’une société pacifique et stable car la paix est impossible sans la justice. Sans la justice comme valeur, il est illusoire de prétendre rechercher la justice institutionnelle, et sans elle, on ne peut pas faire une société paisible. La justice institutionnelle est là pour résoudre les impulsions injustes de la méchanceté humaine, et cela signifie qu’elle doit en être le plus libre possible. Et même quand l’institution judiciaire est au-dessus de la bassesse qu’elle combat, elle a besoin d’être libre des entorses des institutions complémentaires qui, elles, peuvent en être prisonnières. C’est certainement pour cette raison que les penseurs qui ont frayé le chemin à la démocratie telle que nous la connaissons aujourd’hui en ont fait un des trois pouvoirs d’un état démocratique, et un pilier qui doit être libre et indépendant.

 

Une société injuste est une société qui est vouée au désordre et à la décadence. Elle ne peut pas restreindre la méchanceté humaine, et ne peut donc pas protéger ses membres contre leurs concitoyens. Dans une telle société, le bonheur et l’épanouissement sont simplement impossibles. La loi du plus fort s’applique ; et celle-ci n’agit que dans l’intérêt des plus forts, qu’ils soient dix ou deux cents dans une population de dix millions. Or, le bonheur d’une société dépend du pourcentage de ses membres qui sont heureux. Seulement, il sied de souligner que les plus forts ne peuvent être véritablement heureux que si les faibles le sont aussi.

 

Même si la justice n’est pas possible sans la vérité, la justice domine le débat sur la scène publique ; et la vérité est souvent passée sous silence. Nous avons une forte culture de mensonge, mais nous semblons croire que nous pouvons avoir une justice impartiale. C’est totalement illogique ! La justice se fonde sur ce qui est juste ; et rien n’est juste qui n’est pas vérité. Si je traite quelqu’un avec justice, cela veut dire que je reconnais ses droits et que je m’engage à les respecter et à les protéger. Or, les droits sont l’intégration pratique des principes et lois universels de la nature dans la vie concrète des individus et des sociétés. Avec ce processus, l’injustice peut provenir de deux sources : (a) une définition des droits qui ne découle pas de la vérité et (b) un déni des droits qui se fondent sur la vérité.

 

La vérité fraye le chemin à l’éthique en ce sens qu’elle nous donne une compréhension objective des choses ; et cette compréhensible constitue un préalable à tout jugement morale des choses. La justice consiste à faire ce qui est juste et à rejeter ce qui ne l’est pas. Par exemple, la déclaration « chacun a le droit inaliénable de pouvoir jouir de ses biens » est vraie car elle découle d’un principe universel inhérents à la vie humaine. Par conséquent, il est mal de spolier quelqu’un de ses biens ; et il est bon de protéger les biens d’autrui. On ne peut pas séparer la justice du concept du bien et du mal ; et ceux-ci sont intrinsèquement liés à la vérité et au mensonge. C’est pourquoi ceux qui croient que l’homme est celui qui prend ce qui est sien et ceux qui appartient aux autres (umugabo ni uwurya utwiwe ni utw’abandi) finissent par des actes injustes car, leurs pratiques se fondent sur un principe issu d’un mensonge. L’avidité et n’égoïsme poussé à outrance ne sont pas signe de grandeur humaine, mais de dépravation morale.

 

Dans le cas du principe universel du droit à la jouissance de ses biens, la justice consiste à s’assurer que chacun jouit de ses droits. Avant que ce combat contre le mal soit l’œuvre des institutions judiciaires, c’est d’abord le travail des membres de la société, chacun individuellement, dans son monde intérieur, dans ses relations avec les autres et dans son attitude par rapport à ce qui se passe autour de lui. Le monde est un terrain de bataille cosmique entre le bien et le mal, et chacun (ou la majorité, à défaut de tous) se doit de s’aligner du côté du bien si nous voulons être heureux.

 

Pour vaincre le mal, les sociétés mettent en place des lois et des systèmes judiciaires qui les appliquent, mais la lutte contre le mal commence dans nos consciences et dans nos relations interpersonnelles. Et si cette lutte est perdue au niveau des cœurs et des relations interpersonnelles, il est très difficile qu’elle soit gagnée sur le plan institutionnel. En d’autres termes, un peuple injuste produit des politiciens et des juges injustes, et donc un système judiciaire injuste. Dans un système ou la séparation des pouvoirs n’est pas si claire, la nomination des cadres de la justice est faite par les autorités du pouvoir exécutif, la qualité de ceux qui sont nommés est le reflet de la qualité de ceux qui les nomment.

 

Pratiquer la justice sur le plan interpersonnel exige une bonne philosophie de la vie. Il faut d’abord concevoir l’autre comme un individu à part entière qui a des droits inhérents, mais aussi comme membre d’une grande famille   dont nous faisons tous partie. Au moment où le premier aspect de cette philosophie produit une culture de respect de l’autre et de ses biens, le deuxième est propice à la culture de protection de l’autre et de ses biens. En effet, avec ce deuxième aspect, on comprend que ce qui menace les autres directement me menace indirectement, que mon bonheur est lié à celui de mon voisin.

 

Comme disait le leader moral Martin Luther King Jr., tout déni de justice quelque part est un déni de la justice partout. Et ce qui concerne les autres directement me concerne indirectement. C’est aussi le concept de l’ubuntu que développe l’Evêque Desmond Tutu : nous sommes interconnectés et ce qui affecte les autres nous affecte aussi. J’aime cette philosophie qui nous fait voir la race humaine comme une famille ou le particulier dépend du global, ou l’individu se perçoit comme un élément d’un ensemble dont il doit protéger le bien-être pour préserver le sien. C’est une philosophie qui nous permet de nous débarrasser de la tyrannie de notre ego, et qui nous élève sur les hauteurs de la grandeur d’âme.

 

Ceci n’est pas si difficile à comprendre. Sur le plan sentimental, nous sommes intrinsèquement connectés. Quand quelqu’un meurt dans un village, le sentiment de douleur affecte même des gens qui ne le connaissaient pas personnellement. Quand une catastrophe frappe une région éloignée et que nous voyons les images à la télévision, il y a un sentiment de solidarité avec les victimes que nous ressentons automatiquement, même quand nous ne connaissons personne dans cette région sinistrée. Si une personne se met à rire, les gens autour d’elles sentiront l’envie de rire, même sans comprendre pourquoi la personne rit. Ces petits exemples de la vie courante montrent qu’il y a un lien invisible mais puissant qui nous lit comme race humaine.

 

La connexion peut aussi s’expliquer logiquement. En effet, quand un voisin est victime d’injustice, cela veut dire je peux être la prochaine victime de l’injustice si le problème d’injustice n’est pas résolu. Je ne devrais donc pas me réjouir ou rester indifférent si le mal peut frapper mon « moins qu’un ami ». S’il n’est pas maitrisé, il peut frapper un ami demain. Et c’est ce lien qui explique pourquoi nous devons nous intéresser au bien-être des autres. Etre juste envers les autres c’est refuser d’entrer une entrave à la jouissance de leurs droits ; et s’interposer quand cette jouissance leur est refusée. En faisant cela, nous nous protégeons. Si nous n’aimons pas les autres assez pour nous intéresser à ceux qui leur arrive, nous devrions au moins le faire par égoïsme.

 

Sur le plan institutionnel, la justice est l’application fidèle de la loi. Nous supposons, ici, que les lois sont justes. Car, quand les lois sont injustes, il devient alors juste de les transgresser et injuste de les appliquer fidèlement. Je me dois d’expliciter un peu ce que je viens de dire. La loi définit ce qui est légal, mais ce qui est légal n’est pas nécessairement juste. La Bible affirme que certains législateurs promulguent des lois injustes qui privent les faibles de leurs droits, et déclare le malheur sur eux (Isaïe 10 : 1-2). L’injustice peut donc se situer au niveau des lois.

 

De l’histoire récente de l’Afrique, nous apprenons que la colonisation était une initiative légale, mais elle était injuste car elle refusait aux peuples le droit de s’autodéterminer. Au nom du droit intrinsèque des peuples à décider leur propre destinée, il était juste (mais illégal) de combattre les pouvoirs coloniaux. La justice de ce combat était sur le plan moral et non sur le plan légal puisque les lois qui justifiaient la colonisation avaient violé un principe moral de base : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Aucun individu, et aucun peuple, ne devrait être dirigé contre sa volonté.

 

Revenons à la dimension institutionnelle de la justice comme l’application fidèle des lois justes. La sagesse veut que cette dimension ne soit pas dissociée de la dimension personnelle de la justice. En effet, c’est insensé de demander à un juge injuste d’appliquer des lois justes d’une manière juste. C’est lui demander de ne pas être lui-même. Un juge injuste est compatible avec des lois injustes, et incompatible avec des lois justes. Il lui est naturel d’appliquer fidèlement les lois injustes, en conformité avec son état moral. Mais une application fidèle des lois justes lui est naturellement difficile puisqu’il doit contredire sa conscience, agir contre sa philosophie de la vie. Attendre de lui la justice, c’est supposer qu’il va agir en contradiction avec lui-même.

 

Idéalement, la justice institutionnelle exige donc au moins deux choses : des lois justes et des juges justes. Un juge juste aura la force de ne pas appliquer des lois injustes puisqu’elles seront contre-nature, à ses yeux. Quant aux lois justes, elles seront le reflet de ses convictions intérieures, ce qui en facilitera l’application fidèle. Mais, les juges justes ne se forgent pas à la faculté de droit. La justice comme valeur n’est pas une question de tête (connaissance), mais de cœur (caractère). Les connaissances intellectuelles ont besoin d’être remorquée par un cœur en bon état moral pour servir la société. Sinon, elles servent les intérêts de celui ou celle qui les a, parfois au détriment des intérêts de la société.

 

En fait, les institutions judiciaires sont chargées de faire respecter la loi dans le pays ; mais la justice est beaucoup plus que le respect de la loi ; c’est avant tout une attitude intérieure qui amène celui qui l’a à défendre le bien et à combattre le mal dans sa vie de tous les jours. Moins les membres d’une société donnée s’engagent dans cette bataille dans leur vie quotidienne, plus les institutions publiques doivent dépenser beaucoup de temps et de moyens pour contenir le mal. Dans une situation idéale où chaque membre de la société se bat pour la justice pour tous, les institutions judiciaires ne seraient pas nécessaires. Évidemment, cela est impossible dans un univers imparfait comme le nôtre. Entre cet extrême idéaliste et la réalité d’un mode injuste dans tous les sens, chaque pays doit choisir sa position.

 

Le bien et le mal sont deux réalités concrètes dans nos communautés et dans notre nation ; et le rapport des forces entre les deux détermine ce que notre société est : injuste ou juste. En d’autres termes, la justice est possible, comme une culture populaire, si la majorité de la population soutient et défend le bien ; et s’oppose au mal ; ou si, même s’ils ne sont pas majoritaires, ils sont suffisamment engagés, déterminés et stratégiquement organisés pour marginaliser l’injustice et imposer la justice, s’il le faut, dans les interactions entre les citoyens. Les hommes et les femmes justes peuvent aussi contribuer à intégrer la justice dans la vie de leur société s’ils ont suffisamment d’influence sur les processus de prise de décision.

 

Ici se trouve un problème épineux : la ténacité des personnes injustes et l’apathie des personnes justes. L’injustice a le bénéfice de produire des bénéfices immédiats pour les individus – tout en hypothéquant le bonheur collectif dans le long terme. La justice, quant à elle, ne procure pas d’intérêts personnels immédiats et met en danger ceux qui la pratiquent ; mais elle produit le bien-être collectif dans le long terme. C’est probablement pour cette raison que les personnes injustes sont plus engagées, créatifs et courageux dans la pratique de l’injustice, alors que les personnes justes ont tendance à être hésitants ou moins persévérants.

 

Ceci revient à dire que beaucoup de gens préfèrent les intérêts personnels dans le court terme, indépendamment des conséquences sur le long terme ; plutôt que l’abnégation dans le court terme pour plus de bonheur dans le long terme. Quelque part, l’aspect physique de notre vie domine sur la dimension morale. Il est donc nécessaire que les philosophes soient plus actifs dans le façonnement de ce que nous pays sont en train de devenir. Sans une vision élevée de la vie, l’homme devient prisonnier de ses instincts et besoins physiques.

 

Avec son petit estomac, il n’hésitera pas de marcher sur les autres pour accumuler ce qu’il ne peut pas manger pour le reste de sa vie. Il n’hésitera pas de chercher à festoyer exactement parce que les autres souffrent. Cette étroitesse d’esprit est plus responsable des injustices qui se commettent dans le monde que toutes les autres causes confondues. Notre nation a besoin de se fonder sur une vision plus noble de la vie. Mon constat amer est que notre nation a et a eu de bons penseurs capables de l’élever au-dessus de la tyrannie du ventre. Malheureusement, lors de nos nombreuses périodes de folie aveugle massive, nous les avons massacrés – et nous nous sommes ventés ! Que nous nous roulions dans la boue, au lieu de voler en altitude, il n’y a rien d’étonnant. Une nation qui massacre ses prophètes et philosophes met son avenir en péril.

 

Mais, il n’est pas suffisant d’avoir des philosophes qui nous défient, nous devons savoir les écouter, les valoriser et intégrer leur sagesse dans nos actions. Notre nation a besoin de donner la place d’honneur à la raison, et d’échapper ainsi à la force destructrice des émotions dévastatrices qui inspirent nos actions parfois. Elle a besoin de se bâtir par les actions des hommes et des femmes qui ne vivent pas pour faire taire les cris de leurs ventres, mais qui ont un regard posé sur la dixième génération après eux, aux loin que leurs yeux peuvent voir dans le corridor de l’histoire à venir. Sans une longue vision, nous ne comprendrons pas l’importance des valeurs, et nous ne pourrons pas éviter de nous battre pour les petits morceaux de pain qui tombent de la table nationale.

 

Osons donc aller au-delà du travail de nos tribunaux pour comprendre que la pourriture morale est le grand responsable de nos maux judiciaires. Si l’injustice domine une société, il est partial d’accuser seulement les juges car ceux-ci ne font qu’exposer publiquement ce que la majorité des citoyens est dans les faits. Est-ce possible d’avoir un système judiciaire injuste dans un pays dont les citoyens sont justes ? Certes, le pouvoir de décision amplifie l’injustice des juges ; mais ceux-ci ne tombent pas de nulle part. Cette injustice qu’ils appliquent, ils l’apprennent dans la société. Le siège au jury leur donne l’opportunité d’exposer ce qu’ils sont déjà. Car, on ne juge pas selon ce qu’on sait, mais selon ce qu’on est. Le faire est toujours le fruit de l’être.

 

Ainsi, la meilleure manière d’avoir des cours et tribunaux qui défendent les droits de citoyens de manière impartiale, c’est de développer d’abord une culture de protection et de défense du bien au sein de la population. Si cela est fait, la société devient incompatible avec les juges injustes. Dans ce cas, ou bien ils changent ou alors la société les vomit. De même qu’on ne peut pas avoir tout un système judiciaire juste dans une société injuste ; on ne peut pas non plus avoir un système judiciaire injuste dans une société juste. L’un des deux côtés doit se conformer ; selon le rapport des forces entre eux.

 

Une société faite de membres justes est paisible. Chacun s’occupe du bien-être de l’autre, personne ne veut atteindre ses objectifs en sacrifiant le bien-être des autres. Chacun prend ce qui lui revient et n’use pas de son pouvoir ou de la faiblesse de l’autre pour prendre ce qui ne lui appartient pas. On n’a pas besoin d’avoir l’argent, le pouvoir ou un statut social imposant pour jouir de ses droits. Personne n’impose aux autres ce qu’ils ne veulent pas, chacun a le droit de vivre sans devoir sacrifier sa conscience ou abandonner ses droits ou ses opinions. Un tel contexte est propice à l’épanouissement humain et au bonheur de la société.

 

Dans une société injuste, les plus forts piétinent les plus faibles et ces derniers s’attirent des ennuis s’ils se plaignent. Certains membres de la société sont réduits au silence, les richesses du pays sont distribuées d’une façon inéquitable. En fait, elles sont littéralement raflées par les puissants. Certaines catégories de personnes sont victimes de discrimination et d’exclusion et sont privées même des droits que les lois leur accordent. La revendication de certains droits devient un crime et la loi s’adapte aux caprices des plus forts. Dans une telle société, l’injustice peut s’institutionnaliser facilement. Et quand elle s’institutionnalise, les procès sont gagnés par les personnes influentes, riches ou puissantes. Le pauvre n’a aucune protection.

 

La justice fait partie des conditions sine qua non pour faire une nation stable. Du temps de Moïse, Dieu l’avait formellement exigée (Deutéronome 16 : 19) et en faisait la condition de la longévité de la nation d’Israël (Deutéronome 16 : 20). L’injustice conduit à la contestation des institutions, ce qui met à mal la stabilité d’une nation. Elle est la plus fréquente source de violence contestataire ; et la violence contestataire est la plus grande cause de la violence d’état. Les crimes d’état sont souvent commis contre ceux qui s’opposent aux institutions à cause des mécontentements causées par des formes variées d’injustice institutionnalisée.

 

La justice est aussi un ingrédient essentiel dans l’édification d’une société paisible ; et nous ne pouvons pas échapper à la règle. Sans la justice, les relations interpersonnelles se remplissent de conflits. Il est vrai que les conflits font partie intégrante de la vie humaine et que la vie serait inconcevable sans eux, mais il est aussi vrai qu’au-delà du seuil normal et supportable, les conflits deviennent un problème grave. Sans un minimum d’un sens de justice, les conflits se multiplient, se compliquent et dégénèrent facilement en violence ouverte. On ne peut en aucun cas bâtir une société paisible et stable sans la justice.

 

Ici, nous parlons surtout de la justice comme valeur. Avant d’être la marque des cours et tribunaux, la justice est avant tout une valeur humaine. On ne peut pas avoir des juges justes si on n’a pas de citoyens justes car, les juges sont avant tout des citoyens. C’est pourquoi la meilleure façon de contribuer à faire un pays de justice, c’est d’être juste et de contribuer au développement de la justice comme une culture populaire. Toi et moi faisons partie de ceux qui, par nos attitudes et nos actions ; contribuons à faire de la justice une denrée rare ou une culture dans notre pays. Il est important que nous ajustions nos pendules personnelles et de nous engager à faire de la justice une valeur collective. L’avenir de notre pays dépend de ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui.