Lorsque je dis que le manque de valeurs morales peut détruire une société, il y a peut-être quelqu’un qui croit que j’exagère. Après tout, on ne peut pas avoir une société parfaite, et un peu de mal ici et là nous ne fera pas sombrer. Aujourd’hui, je vais partager les conclusions d’un chercheur (Samuel Waje Kunhiyop) sur les conséquences de la corruption, une des manifestations concrètes de quelques antivaleurs. J’ai trouvé ces conséquences dans son livre African Christian Ethics (pages 165 – 169). Il divise les actes de corruption en quatre parties : les pots de vin, l’extorsion, la fraude et le népotisme. La corruption se fonde sur la cupidité (ubukunzi bw’inda), la malhonnêteté (la tricherie) et l’égoïsme (le corrompu pense à ses intérêts au détriment de l’intérêt général). Voici ce qu’elle fait à une société qui l’entretient, selon Samuel Waje :

 

·         Erosion des valeurs morales : Elle pervertit le sens du bien et du mal dans une société. Le mal devient le bien et le bien devient le mal dans une société corrompue.

 

·         Elle augmente les maux sociaux : elle constitue un terrain fertile pour le tribalisme, le népotisme, la fraude, la malhonnêteté et l’égoïsme et peut même conduire au meurtre.

 

·         Manque de transparence : elle encourage les dirigeants à éviter la transparence et la redevabilité. Les inviter au respect des deux principes les rend défensifs et revanchards.

 

·         Rejet de l’état de droit : elle encourage les individus, les organisations et les institutions à passer par des raccourcis et à oublier les exigences légales.

 

·         Oppression des faibles : dans une société corrompus, les faibles et ceux qui n’ont pas de pouvoir souffrent parce que seuls les riches et les puissants ont accès aux cours et tribunaux.

 

·         Perte de la confiance publique : la corruption rend la population cynique parce qu’elle ne croit plus que la vérité a de la place. Elle perd sa confiance dans le gouvernement et le système.

 

·         Prolifération de l’éthique utilitaire : la corruption encourage les gens à croire que la fin justifie les moyens. Ils utilisent alors des moyens immoraux et d’abuser la confiance des autres pour atteindre leurs intérêts.

 

·         Destruction de la fibre morale de la société : la corruption rend sourdes les consciences des gens et conduit à la perte du respect de la vie et des biens d’autrui.

 

·         Faible productivité et incompétence : dans une société corrompue, les officiels ne sont pas intéressés par la qualité des services qu’ils rendent au peuple, ce qui encourage la médiocrité.

 

·         Développement et administration inefficaces : les gouvernements corrompus ne développent pas leurs pays. Ils permettent aux riches d’échapper à leurs responsabilités fiscales. Les fonds alloués au développement sont détournés pour l’enrichissement des dignitaires.

 

·         Investissement local et étranger limité : les investisseurs locaux et internationaux hésitent à investir dans un pays corrompu à cause des rapports négatifs relayés par les médias ainsi que l’instabilité politique et économique qui accompagne la corruption.

 

·         Détérioration de la démocratie : Les élections sont fraudées, les chefs d’état et les présidents refusent de quitter le pouvoir, et parfois, cela donne une raison pour le retour aux coups d’état.

 

·         Sous-développement généralisé : la corruption neutralise les efforts de développement comme le montre l’expérience de plusieurs pays Africains.

 

 

 

Et chaque fois que les indices de la corruption sont utilisés pour classer les pays, nous sommes souvent classés parmi les pays les plus corrompus. J’espère que nous comprenons le danger qui nous guette, avec une telle situation. Et tout est, en fait, question des valeurs morales !