JE COMPRENDS

Nous avons tous une référence du bien et du mal. Quand les choses s’écartent du bien tel que nous le concevons, nous avons la colère et la frustration. Cela fait partie de ce qui nous fait en tant qu’humains. Et quand cela arrive, nous blâmons, nous accusons et nous condamnons. Les plus agressifs se lèvent pour redresser la situation parfois dans la précipitation, sans avoir beaucoup réfléchi. Les plus philosophiques réfléchissent, écrivent et / ou discutent. Et, vous savez, une action irréfléchie peut empirer la situation alors qu’une réflexion inactive n’amène aucun changement. En tout cas pas dans l’immédiat. Mais comme la réflexion précède et détermine l’action, il faut réfléchir le plus longtemps sérieusement avant d’agir. C’est la seule façon de garantir la meilleure action, et par là, les meilleurs résultats. Ainsi donc, ne vous fatiguez pas, on continue à réfléchir.

 

Aujourd’hui, nous allons penser différemment, avec un regard de compassion face à ces choses que nous jugeons insupportables et qui sont disséminés sur presque chaque page de notre histoire. Nous sommes la ou nous sommes parce que nous avons pris un certain chemin. On aurait pu éviter ce chemin, mais pour multiples raisons et non-raisons, nous l’avons pris. C’est regrettable, mais c’est la réalité.

 

D’abord, il y a eu cette division de la classe politique, une division idéologique qui cachait mal une dissension sur un fond d’ethnicité. Je parle des groupes Casablanca et Monrovia ; on est dans la première moitié des années 1960. Je comprends ces jeunes intellectuels pris dans la tourmente d’une géopolitique violente, projetée aux devants d’un peuple que la colonisation avait divisé par une politique d’exclusion. Ils étaient assez jeunes, un peu trop jeunes pour gérer une nation en transition dans un cotexte de violence et d’instabilité. Et puis, certains parmi eux avaient naïvement avalé le mortel poison des divisions ethniques ; certains croyaient en leur supériorité ethnique ; d’autres se voyaient comme seuls citoyens authentiques du Burundi. Ils portaient en eux le problème auquel ils étaient confrontés. Certes, tout le monde n’était pas extrémiste, mais les extrémistes étaient assez nombreux, et suffisamment stratégiquement placés pour faire basculer l’UPRONA vers les dérives qu’il a connues.

 

La monarchie était encore là, et on la voulait constitutionnelle. Il fallait un parlement et un sénat pour balancer le pouvoir du roi. Nos jeunes ainés n’avaient jamais expérimenté cela avant, ils allaient apprendre à jouer au football le jour même du match. Les équilibres du pouvoir recherchées ont vite tourné au vinaigre, les extrémismes ont pris le dessus sur la tempérance, le roi n’a pas pu contenir les dérapages. Je comprends, mais je n’excuse pas.

 

Entre temps, la colonisation avait enseigné silencieusement une leçon dangereuse : le chef est porté sur les épaules du peuple. Il réquisitionne les œufs et le beurre (zana amagi zana amasoro), il peut soumettre le peuple à la souffrance pour atteindre ses objectifs. Souvenez-vous de l’impôt qui avait forcé bon nombre d’hommes à fuir vers l’Ouganda – i Manamba, pour gagner de l’argent et s’acquitter des nouvelles responsabilités fiscales. La colonisation avait lié le pouvoir et la vie facile, au prix des souffrances du peuple. Et comme le terrain du pouvoir était ouvert aux intellectuels, chacun voulait naturellement avoir sa part. Ils faisaient une classe à part, les évolués ; ceux qui parlaient le Français et qui buvaient les injabuka. Il fallait des moyens pour garder ce style de vie, et le pouvoir politique garantissait ces moyens. Face a eux, un peuple plein d’espoirs suscités par leur héros lâchement assassiné, un peuple pauvre certes mais confiant en ses leaders ; un peuple qui, plus tard, sera marqué au fer rouge quand il apprendra que la monarchie était abolie ; et, un peu après, que leur roi venait d’être assassiné, un peuple qui, en conséquence aux extrémismes de ses intellectuels, sera condamné à vivre au rythme d’attaques, de répression, de mouvement d’exilés, de fosses communes, de chambres de tortures, de disparitions forcées, etc.

 

Mais, retournons en arrière. Un peu avant l’indépendance, la violence avait éclaté chez le voisin du Nord, déversant des milliers de refugiés chez nous. Par le principe de l’association émotionnelle, ceux qui se sentaient ethniquement liés à eux ressentaient une menace. Le pouvoir politique aux mains des Hutu pouvait se retourner contre eux. Cela n’avait pas besoin d’être vrai. Le simple fait d’y penser pouvait être confondre à la réalité. D’un coup, la peur et la méfiance s’installaient année après année. Les intrigues se multipliaient pour contrôler les leviers du pouvoir, les coups bas devenaient de plus en plus fréquents et méchants. Mais, une telle tactique devait obligatoirement produire un sentiment de rejet et d’exclusion de l’autre côté. Les éléments de la violence se mettaient en place. Les extrémismes se bâtissaient de part et d’autre.

 

Finalement, de fil en aiguille, chaque groupe sentit le besoin de protéger ses intérêts, assurer sa survie en affaiblissant l’autre. Comme les voies pacifiques semblaient inopérantes, la violence s’en est mêlée. Comprise comme la matérialisation du mal qu’on craignait le plus, elle engendra une plus grande violence. Nous eûmes alors droit à la succession de la violence contestataire et à la violence d’état, juste comme l’alternance du pied droit et du pied gauche quand on marche. L’arme protectrice devint l’arme dévastatrice. Les deux types de violence façonnèrent notre histoire pendant longtemps. Elles se renforcèrent mutuellement, elles devinrent plus graves avec le temps. L’ingéniosité fut investie dans l’affaiblissement ou l’anéantissement de l’autre. Des intellectuels de grand renom furent ainsi froidement assassinés, eux-mêmes en qui l’état avait investi pendant des décennies pour qu’ils bâtissent leur nation. Nous abattîmes nos propres architectes, nos médecins, nos agronomes, nos enseignants, nos parlementaires, nos sénateurs, etc. Notre pauvreté est tout à fait compréhensible. Nous en sommes partiellement auteurs. La folie et l’immaturité nous conduisirent à l’autodestruction ; et le jeu ne semble pas terminé.

 

Nos aînés ont ouvert leurs cœurs à la méfiance et à la peur. Avec les deux, ce qui est arrivé devait arriver. Or, notre histoire monarchique avait normalisé la violence politique, en la plaçant dans la fondation du pouvoir. L’ascension au pouvoir d’un nouveau monarque devait être précédé par la mort de son père (si pas par la mort naturelle, par assassinat). L’intronisation du nouveau roi devait emporter une vie innocente (le jeune qui se faisait marcher dessus par les vaches). Verser le sang des innocents pour des fins politiques, c’était normal. Est-ce cette culture qui a fait exploser la poudre, produisant ainsi des actes ignobles d’une sauvagerie inouïe ? Les chercheurs-analystes nous répondront un jour. Dans tous les cas, nous ne pouvons pas le nier. Les assassinats, les massacres de masse à caractère génocidaire, les exécutions sommaires, les disparitions forcées, la torture, et bien d’autres crimes ont été commis ; au nom de la libération ou au nom de la protection du pouvoir. Je n’excuse pas, mais je comprends. Les acteurs n’avaient pas la maturité pour une action moralement plus noble que ce qui a été fait.

 

Et puis, la violence a eu son lot de conséquences dramatiques. Des parents ont été brutalement arrachés à leurs enfants. Je comprends la douleur de ceux qui n’ont jamais su pourquoi et comment les leurs ont été assassinés ; ni où ils ont été enterrés. Des centaines de milliers de citoyens ont perdu le droit de vivre dans leur pays. Des milliers d’enfants ont perdu le droit à l’éducation. Je comprends la douleur de ceux qui ont vu tous leurs biens pillés et partagés par des gens qui n’avaient rien contribué à leur acquisition. Je comprends la tristesse de ces enfants qui ont grandi étrangers alors qu’ils avaient un pays à eux. Je comprends !

 

Et, chemin faisant, il fallait s’assurer de maîtriser le pouvoir pour ne pas se faire coincer. Il fallait affaiblir avant d’être affaibli, éliminer avant d’être éliminer. Le pays était changé en champ de bataille. On avait cru résoudre les problèmes, mais on les avait compliqués. Mais cela avait ses propres dangers. L’accès à l’éducation devait subir un contrôle dur ; ainsi que l’accès aux responsabilités importantes. Ainsi, la discrimination s’est invitée dans le jeu comme moyen de survie ; et une forme de pseudo-intellectualisme fut intentionnellement entretenue. Je comprends, même si je n’excuse pas. Quand on agit par peur, on devient automatiquement surprotecteur. On soupçonne tout le monde, on ne fait confiance qu’a très peu de personnes. Les causes doivent produire des effets. Je comprends le désarroi de ceux qui devaient se contenter de courtes études alors qu’ils avaient la capacite d’en faire de longues. Je comprends la douleur de ceux qui, après plusieurs tentatives, ont du abandonner les études, croyants qu’ils n’étaient pas assez intelligents, pour apprendre, après des années, que quelqu’un avait pris leur nom et leur bulletin pour faire les études secondaires. Cela fait mal.

 

Et puis, comme on dit, l’oppression engendre les oppresseurs, la gourmandise engendre la culture de la famine mentale. Dans un pays pauvre, un pays où réussir sans tricher est plutôt difficile, un pays où les seuls qui s’enrichissent rapidement doivent avoir accès au coffre public, il va de soi que les plus cupides se battent pour contrôler le pouvoir politique. Il est normal que ceux qui détiennent le pouvoir acquièrent un pouvoir un peu excessif sur ceux qui veulent « manger ». On se soumet, on prostitue sa conscience, on migre d’un parti à un autre, on défend des absurdités, on lèche les bottes (comme on dit) pour pouvoir « manger ». Heureux sont ceux qui gagnent les faveurs de celui qui conserve la clé du coffre national. Je comprends, mais je n’excuse pas.

 

Dans pareille situation, il va de soi que les postes de responsabilités soient perçus comme une occasion d’accumuler le plus rapidement possible, avant que le décret de nomination ne soit abrogé par un nouveau décret ; ou que le mandat ne prenne fin. On ne peut pas ne pas agir par peur et précipitation. On sait que sans le poste et les avantages officiels et officieux ; légaux et illégaux qu’il offre, on ne pourra pas achever la villa en cours de construction ; on ne pourra pas bâtir sur la parcelle nouvellement acquise, on doit dire adieu au confort d’une jeep constamment climatisée et jamais à court de carburant. Avec une telle disposition mentale, on est prêt à tout ; et on peut se laisser manipuler et plier dans tous les sens. Je comprends qu’il devient dangereux de quitter le pouvoir, puisqu’on a toujours un projet personnel à compléter, continuer ou commencer. Je vois pourquoi il devient facile de subordonner les droits humains aux intérêts politiques, pourquoi il devient facile de conduire un pays à la guerre plutôt que de lâcher. Je comprends mais je n’excuse pas. Notre histoire nous a légué une culture politique qui encourage ce genre de comportements.

 

Je comprends pourquoi la justice peut facilement devenir un instrument de protection des intérêts inavouables publiquement ; et pourquoi même les organes de défense et de sécurité peuvent se voir utilisés contre leur propre peuple. Lorsque je considère le fait que dans la plupart de cas, les éléments de la gendarmerie, de l’armée ou de la police qui ont commis de graves violations de droits humains exécutaient un ordre légal, j’ai la chair de poule ; mais je comprends. On devait en arriver là. Nous avons pris le mauvais chemin, nous nous sommes retrouvés dans le mauvais endroit. Quoi d’anormal ? Quand on s’engage dans certains chemins, on doit atteindre certaines destinations. Le problème se trouve aux premiers choix, aux paradigmes du pouvoir. Nous avons semé les graines de la haine et de l’égoïsme ; elles ont produit les récoltes qu’elles devaient produire.

 

Je comprends pourquoi la politique est devenue un champ de bataille, pourquoi on perd la tête lors des campagnes électorales, pourquoi nos élections sont marquées par des dérapages de tout genre. En effet, nous avons créé un pays où il est difficile, voire impossible d’avoir la vie qu’on veut si on est simple fonctionnaire. Et même si on fait le business, on ne peut aller loin que si on est bien connecté, profitant ainsi des largesses offertes par ceux qui ont le pouvoir en main. Sinon, comment pourrait-on gagner un marché costaud ? La corruption et le favoritisme ont conquis nos cœurs, nos commissions et nos manières de faire. Malheur aux hommes et femmes d’affaires qui donnent encore de l’importance aux valeurs comme l’honnêteté. Et puis, avec l’abus du pouvoir et le trafic d’influence, la compétition peut disparaitre ; on risque fort de vendre à côté de quelqu’un qui ne paye jamais d’impôt et qui peut donc se permettre de baisser le prix à sa guise ! Je comprends la douleur de ceux qui ont vu leurs sociétés tomber en faillite, piégé par un système politico-économique qui exige d’énormes contributions financières officieuses et qui est déterminé à étouffer les « mauvais enfants ». Et avec tout cela, je comprends pourquoi il est difficile de sortir du palais des congrès de Kigobe pour reprendre la craie. Je vois pourquoi il est dur de quitter le palais pour reprendre son emploi d’avant. Je comprends, mais je n’excuse pas. Après avoir rendu la vie impossible au simple citoyen, on a naturellement peur de redevenir un simple citoyen. Cela n’est pas un problème qui est né hier, c’est notre histoire.

 

Mais, cela n’est pas tout ce que nous pouvons avoir. Nous ne sommes pas condamner à vivre des vies si médiocres ; nous ne devons pas sacrifier nos consciences pour vivre les vies que nous admirons. En effet, je crois qu’il y a une meilleure manière de faire, une meilleure manière d’organiser un pays. Il y a lieu de faire un pays où chacun peut avoir la vie qu’il veut sans occuper un poste politique. Il est possible de faire un pays où le juge peut avoir sa propre maison sans aucun acte de corruption ; et où une infirmière n’a pas besoin d’un mari riche pour avoir droit à un véhicule familial ou personnel. Oui, il est possible de faire un pays où l’enseignant ne vit pas des découverts bancaires, et où il termine sa carrière dans la quiétude, avec un logement décent personnel et une pension qui lui assure confort et honneur au soir de sa vie. Il est possible de faire un pays où le ministre ne risque pas un arrêt cardiaque quand le décret qui l’a nommé est abrogé ; et où le petit commerçant a mille possibilités de grandir économiquement et d’envoyer ses enfants aux écoles de son choix. Oui, ile st possible de faire un pays où l’agriculteur voit son capital monter année après année ; et où le chauffeur est protégé par un contrat qui lui assure un salaire dont il est fier. Il est possible de faire un peuple qui ne dépend pas de la bonté des abagiraneza pour pouvoir manger ; et qui ne connaît la fragilité économique que dans les dictionnaires. Il est possible de faire un pays sans enfants de la rue, un pays où aucune fille ne doit se prostituer pour vivre. Même si cela constitue une image plutôt distante pour beaucoup de nos concitoyens aujourd’hui (beaucoup diront idéaliste), le fait est que, c’est possible.

 

Nous ne devons pas humilier nos fonctionnaires par des salaires maigres. Nos « paysans » ne doivent pas rester dans la misère, à gratter le même lopin de terre qui se dégrade année après année, forcés de la dégrader davantage par des produits chimiques dont ils ne comprennent pas les méfaits. Nos enfants ne doivent pas s’accumuler – tell un essaim d’abeilles dans une ruche - dans des classes sombres, pleines à claquer ; avec des enseignants submergés, affamés et en colère, dans des écoles sans bibliothèque ni laboratoire. Nos concitoyens ne doivent pas toujours appeler au secours quand une pluie torrentielle tombe pendant juste trente minutes ; ou quand la pluie prend un retard de deux semaines. Nous ne devons pas être un peuple aussi fragile que ça. Feu Nelson Mandela disait que la pauvreté est faite par l’homme et qu’elle peut donc être défaite par l’homme. Oui, cela peut changer. Nous ne devons pas survivre : vivre pour aujourd’hui. Nous pouvons redresser nos regards et rêver de grands rêves – et les réaliser. Oh oui, il est possible d’avoir un pays où chacun, tout en faisant le métier qui est le plus compatible avec ses talents naturels et / ou sa formation académique ; a aussi une vie de dignité sans devoir cesser d’écouter sa conscience, se rabaisser et faire recours à la prostitution politique.

 

Seulement, un tel pays ne s’improvise pas et il n’est pas le fruit du hasard. Des choix consciencieux et difficiles doivent être faits. Des efforts colossaux doivent être consentis par des dirigeants, des sacrifices énormes sont incontournables. Nos grands penseurs doivent prendre le devant, convaincus de la véracité des propos de Joël Barker concernant la vie des nations[1] ; et user de leur imagination pour nous aider à façonner un avenir imaginaire qui résonne avec nos aspirations profondes en tant qu’êtres humains ; mais aussi en tant que Burundais. Car, avouons-le, au delà de nos petites différences, nous avons tous les mêmes besoins fondamentaux. Et c’est à partir de là que nous pouvons alors façonner une vision qui nous unit. Des leaders visionnaires doivent nous précéder et nous aider à relever la tête pour contempler cette vie possible. Une vision politique doit précéder ce changement.

 

Mais une grande vision ne suffit pas, elle doit produire des actions. Des plans de plusieurs décennies doivent être conçus et exécutés avec la précision de la loi de la gravité pour s’assurer d’une réussite aussi parfaite que possible. Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à perdre du temps en faisant semblant d’avance sans avancer, en nous convaincant que ça va alors que nous nous enfonçons. Nous avons perdu assez de temps. La réussite nous exigera un changement de paradigme, une nouvelle perception du pouvoir ; non comme un gros gâteau à rafler, mais comme un outil de service au peuple. On ne peut pas changer un pays accidentellement, encore moins un pays qui a fait des décennies de gouvernance discriminatoire, gourmande, égoïste, exclusiviste et violente. Cela est impossible avec une vision du pouvoir comme une occasion de manger. Cela est impossible avec la politique du ventre et la subordination de l’intérêt général aux intérêts individuels et de groupes. La bonne gouvernance est essentielle pour la réussite ; et elle est le fruit d’une saine philosophie du pouvoir, une philosophie qui découle d’une vision nationale inclusive.

 

Ainsi donc, le changement commence par une vision ; et on ne peut pas contourner cette étape. C’est le premier pas qui commence les longs voyages. Peu importe le temps que cela prendra, l’important est de commencer la marche vers ce pays de nos rêves. L’important est de commencer de rêver, de commencer à voir l’invisible et à le désirer ardemment. Une fois que la flamme est allumée, il faut alors savoir la partager, la propager. Nous avons des concitoyens qui ont perdu l’espoir, qui croient que les ténèbres régneront pour toujours au Burundi. Il nous appartient de propager l’espoir. Si nous nous engageons à consacrer ne fut-ce que 2% des paroles que nous prononçons chaque jour à la communication de cette vision, à propager l’espoir autour de nous, il ne nous faudra pas plus de deux ans pour atteindre tous nos compatriotes. Cela suffit pour aujourd’hui. Prenons une pause, et partageons cet espoir que nous portons dans nos cœurs.  Le voyage commence avec moi, et avec toi.

 

 



[1] Voir le documentaire “La Puissance d’une vision” ou le chercheur fait cette déclaration: aux nations dotées d’imagination, rien n’est impossible ; Celles qui n’en ont pas, elles courent un  risque .Il a fait cette recherche pour répondre à une double question : l’image positive du futur d’une nation est-elle la conséquence de son succès ; où est-ce le succès de cette nation qui est la conséquence de l’image positive du futur ? Ses découvertes montrent que c’est l’image positive du futur d’une nation qui est la cause de sa réussite et non l’inverse.