Le diable et la politique

 

Tous les stratèges militaires connaissent au moins deux  éléments-clés de toute stratégie militaire digne de ce nom : (1) occuper les espaces géographiques qui confèrent un avantage stratégique sur l’ennemi (comme les sommets des collines / montagnes) et (2) concentrer ses forces là où ça fait le plus mal à l’ennemi. D’une part, on ne place pas les troupes n’ importe où et, d’autre part, on ne jette pas les bombes sur des pierres. L’homme a un ennemi. Les uns l’appellent « le mal », les croyants l’appellent « le diable ». Au-delà des mots, il y a une différence fondamentale. Le mal comme concept philosophique n’as pas d’intelligence, mais le diable, un ange qui occupa pendant on ne sait combien de millénaires les échelons les plus élevés de la hiérarchie angélique,  a une puissante intelligence – mais une intelligence limitée. Au-delà de ce qui est visible dans notre vie de tous les jours et dans les vies des peuples se trouve cet être méchant et Dieu notre créateur. Les deux sont opposés et nous participons d’une façon ou d’une autre au conflit cosmique qui les oppose depuis des âges. Je vais analyser le problème des systèmes politiques rongés par le mal à travers la perspective de la lutte cosmique entre le bien et le mal, avec le mal comme symbole de Satan. En effet, le monde politique constitue un des terrains où la confrontation entre le bien et le mal est la plus rude ; et où les forces du mal se déversent avec la plus grande fureur. Je comprends le diable parfaitement. S’il faut vraiment faire souffrir l’humanité, il faut contrôler la politique.

Je comprends au monde spirituel pour deux raisons principales.

 

Premièrement, toute observation honnête de la réalité de la vie montre qu’il y a un monde immatériel. D’où vient l’âme avant notre existence et où va-t-elle quand nous mourons ? Pourquoi certains humains ont des rêves qui se réalisent exactement dans les moindres détails ? Qu’est-ce qui guide les pressentiments et l’intuition ? Ce genre de questions montre que la réalité est faite de plus que le simple monde physique. La croyance en un monde spirituel constitue aussi un élément essentiel de la cosmologie Africaine. Nos ancêtres croyaient que le monde physique était le reflet du monde spirituel et que, par conséquent, certains problèmes étaient la manifestation d’un problème spirituel. Certes, il y avait beaucoup d’abus et de superstition, mais je suis globalement d’accord avec eux : la vie est plus que le fonctionnement d’un corps physique. Il y a des réalités qui transcendent le monde physique. Deuxièmement, la Bible en parle si clairement qu’aucun argument des athéistes et des humanistes ne peut me faire croire le contraire. Créés par un être spirituel et portant son image en nous, déjà nous avons une dimension spirituelle en tant qu’êtres humains. Comme l’a un prédicateur, l’homme n’est pas un être physique qui a une expérience spirituelle, c’est un être spirituel qui a une expérience physique. Nous sommes des êtres spirituels qui vivons dans un corps physique ; et qui opèrent dans un univers qui réunit un monde physique et un monde spirituel. C’est cette perspective qui est derrière l’analyse que je vais faire des systèmes politiques. Cette vérité est vitale pour savoir bien fonctionner ici-bas. C’est pourquoi, comme quelqu’un l’a dit, la plus grande réussite de Satan est d’avoir convaincu les hommes qu’il n’existe pas. Revenons à notre sujet.

 

Depuis qu’il a pris la voie de la rébellion, Satan s’oppose pratiquement à tout ce que Dieu planifie de faire. Il s’est notamment toujours opposé aux plans de Dieu pour l’humanité en général et pour l’être humain en particulier. Certains théologiens affirment qu’il serait jaloux de la vie que Dieu a réservée à l’homme lors de la création, une vie de loin supérieure à ce que Satan a perdu au ciel. Selon eux, c’est cette jalousie qui aurait motivé son initiative de déstabilisation du premier couple humain. Dès lors, que n’a-t-on pas vu ? Meurtres, guerres sanglantes, conflits interpersonnels, massacres, génocides, etc. De toute évidence, il n’a pas l’air de se fatiguer ou d’abandonner son œuvre méchante. L’histoire récente de notre peuple est une démonstration de sa détermination.  

 

Pour bien réussir, il aime bien conquérir les domaines qui ont une influence directe et significative sur la vie des gens – enfin de mieux les faire souffrir. L’un de ces domaines stratégiques, c’est le monde politique. Pour y arriver, il influence les décideurs politiques par des croyances diaboliques enfin que ces croyances puissent influencer leurs décisions et leurs actions. Dans l’idéal, le mal est maximal quand ces croyances immorales sont institutionnalisées – quand elles deviennent « la manière de faire la politique ». Vous savez, il y a un monde dans le monde, un monde d’idées et de croyances qui sont diamétralement opposées aux desseins de Dieu et aux principes bibliques. Ce sont des croyances destructrices qui sont souvent véhiculées par les courants de pensées et les philosophies et qui peuvent être bien destructrices quand elles sont appliquées. C’est ce monde que la Bible nous recommande de ne pas aimer.

 

Je vais prendre une de ces croyances diaboliques qui sont prisées en politique et montrer comment elles influent sur les vies des peuples : c’est la fameuse idée selon laquelle la fin justifie les moyens. Même si elle n’est pas utilisée en politique seulement, elle est plus meurtrière en politique plus qu’ailleurs. L’homme qui lui a donné dans cette phrase devenue un slogan insidieux pour beaucoup de gens, l’Italien Nocholo Machiavelli, croyait que quand un prince veut bâtir un royaume fort, il peut se servir de n’importe quel moyen – y compris le massacre impitoyable de ses opposants, pourvu qu’il atteigne ses buts. Certes, dans un contexte monarchique, la contestation d’un prince légitime pouvait justifier une action ferme de la part du prince légitime. Mais, son approche est empreinte de méchanceté puisqu’il prônait une action violente si horrible que personne ne pourrait plus oser s’opposer au prince régnant. C’est par ce principe que certains politiciens légitiment la liquidation politique ou physique des opposants, arguant que ces opposants sont des obstacles dont l’élimination est nécessaire pour pouvoir bâtir un pays fort et stable. En conséquence, ces politiciens cherchent à bâtir leurs pays sur le sang d’innocents. Au regard des lois universelles qui concernent la vie et au vue des principes du leadership, ceci pose un problème sérieux. Vue la nature de l’homme, peut-on s’amuser à verser le sang et échapper aux conséquences d’une telle injustice ? Si Caïn a été maudit pour avoir tué son frère, qu’est-ce qui arrive à celui qui en tue des milliers ? Est-ce qu’on peut avoir l’autorité morale dont on a besoin pour avoir la confiance d’un peuple alors qu’on vit avec une conscience troublée et des mains tâchées de sang humain ? Quelles sont les conséquences de la criminalité, même quand elle est politiquement « légitimée » sur le plan spirituel ?

 

Si la fin justifie les moyens, alors il devient normal d’opérer un massacre des portions de la population si cela peut asseoir le pouvoir. En fait, avec cette croyance, les faibles (politiquement, économiquement ou socialement) deviennent des objets dont le politicien peut se servir à sa guise pour atteindre ses objectifs. Il suffit de parvenir à définir l’autre comme un obstacle aux plans du politicien. Cela confère « le droit » de faire ce qu’on veut avec eux! Le problème de l’homme est qu’il est le problème mais il croit que l’autre est le problème. Par conséquent, il croit qu’en éliminant l’autre, il va arranger les choses. En vérité, éliminer les gens, c’est compliquer les problèmes qu’on avait et en créer d’autres. L’effusion du sang humain n’est une solution à aucun problème. Même en cas d’une guerre, ile st absolument inhumain de viser des gens qui ne sont pas directement engagées dans la lutte. Même la guerre a des lois et des limites.

 

Comme je le disais donc, Satan s’évertue à influencer ceux qui ont le pouvoir de décision sur les peuples pour que des croyances de ce genre soient institutionnalisées (au mieux) ou pour que les lois qui les proscrivent soient violées au moyen de l’abus du pouvoir (au moins). Il sait que s’il y arrive, il pourra alors infliger des souffrances atroces aux peuples, détruire des générations entières, avoir des blessures émotionnelles qu’il pourra toujours utiliser pour opprimer les gens, entretenir la haine et des actes de vengeance, etc. Et il n’est pas rare de voir les deux aspects de son œuvre. D’une part, tous les systèmes oppressifs institutionnalisent l’injustice enfin de légitimer l’oppression. Même les régimes qui commettent des actes de génocide s’arranger pour trouver des justificatifs pour légitimer cette horreur et massacrer en toute légalité (du moins dans leurs têtes). D’autre part, on trouve parfois que des pratiques inhumaines prolifèrent en parallèle avec des lois qui les condamnent. Dans certains cas, en plus des organes officiels de défense et de sécurité, on trouve des réseaux d’assassins clandestins utilisés par certains gouvernements pour intimider, menacer, enlever, torturer et assassiner. Ce problème se manifeste surtout quand le processus de démocratisation d’une dictature militaire, après un conflit armé sanglant, a échoué. Ainsi, le même gouvernement qui est le garant du respect de la loi fonde sa survie sur la violation de la loi.

 

Cela étant, ceci ne veut pas dire que Satan contrôle la politique. Il contrôle les vies de ceux qui croient aux idées immorales, rien de plus. Ceux-ci peuvent se défaire de son emprise s’ils le veulent. En d’autres termes, Satan n’a aucun pouvoir absolu sur le monde politique. Il a celui que les politiciens lui donnent. Il est limité par le choix de l’homme – et c’est ici que se trouve une brèche qui peut être source de salut pour les peuples. Quand j’invite des hommes et des femmes intègres à s’engager en politique, c’est parce que je sais que plus un pays a plus de décideurs qui ne sont pas soumis aux croyances diaboliques, plus ce pays connaîtra paix et prospérité. Dans le cas contraire, plus malheureux ce pays sera. C’est juste une question de rapport de force. Les politiciens égoïstes, menteurs, cupides et violents gèrent leurs pays d’une façon exclusiviste et pratiquent la discrimination, ce qui constitue une semence qui produit des conflits violents. Ils manipulent leurs peuples, font des promesses qu’ils n’accomplissent pas et ternissent ainsi l’image de la politique aux yeux des citoyens, allant jusqu'à encourager les citoyens honnêtes à fuir la politique. Ils volent les ressources de leurs pays pour s’enrichir et créent ainsi plus de pauvreté pour plus de monde. Enfin, ils ne connaissent pas la primauté de la logique dans la résolution des problèmes : tout se résout par la violence, ce qui complique les problèmes.

 

De même que la qualité des joueurs détermine celle du jeu, la qualité des politiciens détermine celle de la politique. Et si nous revenons sur le plan immatériel, la qualité des politiciens dépend de l’esprit qui les anime, de l’être spirituel qui contrôle leur vie – Dieu ou Satan. Dieu nous a donné le droit de choisir, et il n’a pas l’intention d’interférer. Il nous laisse choisir et nous permet de jouir des conséquences de nos choix, qu’ils soient bons ou mauvais. Si ceux d’entre nous qui vivent sous la lumière de l’inspiration divine choisissent de ne pas faire la politique, les influences du diable seront librement déchaînées en politique. Nous verrons leurs effets amers dans les lois qui vont nous régir, dans les politiques qui vont être exécutées et dans les manières de gouverner qui vont se développer. Mais si nous permettons à la lumière de briller au cœur de l’obscurité, alors nous aurons la lumière dans la chambre.

 

Cela dit, il est sage de rappeler que ni le diable, ni ses serviteurs n’aiment pas perdre les territoires qu’ils croyaient avoir définitivement conquis. Ceci est une autre façon de dire que pour les croyants, la politique est un champ de bataille spirituelle. Deux dangers guettent tout enfant de la lumière qui s’y aventure: l’assimilation et la souffrance. La plus grande tentation est le conformisme : faire comme les autres font. Ce danger signifie qu’il faut accepter de vivre comme un païen tout en étant un croyant. Par peur pour leur sécurité ou pour ne pas perdre les avantages, certains ont perdu la bataille à ce niveau. Ils ont pris les couleurs de l’environnement au lieu de changer l’environnement. Ils ont choisi de gagner le monde et de perdre leur âme. Quand ce piège ne marche pas, alors vient la menace. Si tu… alors… ! Pour Daniel, la menace contenait une mort assurée – si quelqu’un ose ne pas adorer l’empereur, on le jettera dans la fosse aux lions. Chaque système politique immoral a ses fosses aux lions pour terroriser ceux qui refusent de se conformer, et chaque enfant de la lumière qui s’y engage sera un jour confronté à ce genre de menace.

 

Que nous le voulions ou non, nous sommes engagés dans une guerre qui oppose le bien au mal, Dieu au diable. Nous ne pouvons pas être neutres, tout choix que nous faisons nous range quelque part. Et même quand nous refusons de choisir, nous choisissons par omission. Comme je l’ai dit, un des champs de batailles les plus difficiles est la politique car, le diable sait que s’il peut contrôler les décideurs, alors il peut sérieusement faire souffrir les peuples et l’humanité en général. La tromperie qui a fait pécher Eve a affecté son mari et toute leur descendance. Il fallait contaminer l’eau à la source, la suite allait prendre soin d’elle-même. De même, il suffit de contaminer le centre de prise de décision, et les problèmes sont garantis pour un peuple. La politique est la source d’où coulent toutes les décisions qui régulent notre vie. C’est un mamelon stratégique pour ceux qui veulent faire du bien ou du mal aux peuples.

 

Malheureusement, ceux qui s’engagent en politique n’ont pas toujours cette vision des choses. Beaucoup y voient pour des fins égoïstes (richesses, pouvoir, influence, etc.) et deviennent très facilement des outils que le diable utilise pour infliger la souffrance aux peuples. D’autres comprennent la nature des choses mais font la politique pour avoir de l’emploi. Ceux-là sont des proies faciles qui tomberont dans le compromis très facilement. Il n’ya que ceux qui savent que ce sont des soldats engagés dans une guerre qui est en cours depuis des millénaires ; et qui prennent les intérêts du royaume de Dieu au-dessus de leurs intérêts personnels ou de groupe ; y compris la préservation de leur vie, qui peuvent faire reculer les forces du mal. Ceci est d’autant plus important quand la politique est déjà conquise par ces forces et que des systèmes destructifs se sont mis en place.

 

Pour faire face aux systèmes du monde et glorifier Dieu par une carrière politique dépourvue de compromis avec le diable, il faut prendre le temps de mesurer la magnitude du danger. On ne combat pas Goliath avec des soldats qui regardent seulement la taille de l’ennemi pour déterminer la probabilité de la victoire. Il faut des hommes et des femmes qui savent qu’ils sont engagés dans une guerre spirituelle et qui savent au fond de leur cœur que Dieu ne peut jamais perdre. On ne fait pas la gloire de Dieu à Babylone avec des politiciens qui ont peur de mourir pour l’Eternel. Il faut des hommes et des femmes qui comprennent que la fidélité vaut mieux que la longévité, qu’il vaut mieux être juste aux yeux de Dieu et mourir jeune, plutôt que de vivre longtemps parce qu’on est désobéissant. 

 

En d’autres termes, celui qui veut bien vivre ici-bas et servir les desseins de Dieu pour notre peuple doit avoir une raison de vivre qui va au-delà de la vie d’ici bas. Si nous ne vivons pas pour l’éternité, alors nos ne pouvons pas confronter les defis de la vie présente comme il se doit. Sans une vision de la vie qui place la souffrance du moment dans la perspective du parcours qui nous conduit vers la gloire éternelle, sans une perspective de la vie qui place les intérêts de l’Eternel au-dessus de notre  propre vie, nous allons soit coopérer avec le diable ou fuir et nous cacher comme les pauvres Soldats Israelites confrontés à Goliath. Mais quand son moment est venu, il suffit qu’un jeune homme qui a placé toute sa confiance en Dieu et qui ne peut pas supporter de voir le peuple de Dieu vivre moins qu’il devrait, pour qu’il soit terrassé. Le Dieu qui a laissé la soif exister a aussi créé la solution à la soif. Aucun peuple n’est confronté à des problèmes insolubles.

 

Comme j’aime dire, chaque Goliath a son David. Goliath peut être plus âgé, plus expérimenté et plus équipé que David. Quand Dieu permet aux problèmes de se développer, il crée aussi des hommes et des femmes qui ont la capacité de les solutionner. Mais si ces hommes et femmes ne font rien ou pas assez, le problème va persister comme s’il était insolvable. Maintenant, nous savons, je l’espère, qui est notre Goliath (ou qui sont nos Goliaths). Mais, où est notre David ? Si tu es en train de lire ces mots, tu ferais mieux de bien réfléchir – tu pourrais être le David que nous attendons pour mettre un terme aux menaces de Goliath. Ce n’est pas en vain qu’on s’aventure sur un champ de bataille au moment critique!