Pourquoi avons-nous besoin d’un gouvernement ?

 

Quand la grande machine roule mal, comme il en est le cas au Burundi aujourd’hui, c’est le moment de revenir aux choses élémentaires ; aux principes fondamentaux sur lesquelles la vie des nations se bâtit. Les problèmes au niveau des détails est une manifestation d’une violation des principes sous-tendent le fonctionnement des nations. Il ya des règles universelles qui guident nos vies et les vies des sociétés. Quand elles sont violées, nous en vivons les conséquences dans les détails de nos vies ; et les véritables solutions se trouvent au niveau de ces règles. En effet, un bon médecin sait qu’il n’est suffisant de traiter les symptômes et qu’il faut savoir s’attaquer aux causes des symptômes - à la vraie maladie. Dans la même ligne d’idée, un gouvernement visionnaire et responsable ne fait pas qu’équiper les pompiers ; il met en place des mesures de sécurité qui régulent la construction et la gestion des bâtiments et d’autres infrastructures publiques; enfin de prévenir les incendies et limiter les dégâts que peuvent causer ceux qui sont imprévisibles. Ainsi donc, au-delà de la nécessité de « sauver la situation », en plus du travail louable de ceux qui agissent pour limiter les dégâts de notre crise, il est également important de pouvoir prendre un peu de recul et de repenser la grande image enfin de pouvoir apporter une correction globale des problèmes ; une solution qui s’attaque aux causes profondes de nos malheurs. Sinon, nous allons passer notre vie à courir dans toutes les directions pour éteindre les feux ; des feux dont certains n’auraient tout simplement pas existé si certaines choses avaient été faites.

 

Aujourd’hui, une partie des Burundais croit que le gouvernement en place est illégitime et illégal ; une autre croit le contraire. Par conséquent, certains trouvent qu’il est légitime de s’opposer aux autorités, par la force s’il le faut ; alors que ceux qui soutiennent le pouvoir trouvent que cela est illégal. C’est une situation qui laisse perplexe, et l’apport de la communauté internationale semble compliquer la situation aujourd’hui. Entre temps, des citoyens sont tués, d’autres sont  emprisonnés, d’autres encore fuient le pays. C’est un jeu désagréable qu’il ne nous plait pas de voir. Je crois que la vie est trop précieuse pour être sujette aux ambitions politiques. Ce n’est pas l’homme qui existe pour le bien-être de la politique ; c’est la politique qui existe pour le bien-être de l’homme.  Si la politique ne protège pas la vie, elle est devenue  le contraire de ce qu’elle devrait être et s’est ainsi disqualifiée. Mais, avec douleur et colère, je suis obligé de me résoudre à accepter les faits ; et je trouve qu’un retour aux éléments essentiels s’impose.

 

Alors, commençons avec une question ; la plus élémentaire possible : « Avons-nous besoin d’un gouvernement » ? Avant de dire ce que devrait ou ne devrait pas faire un gouvernement, en avons-nous vraiment besoin ? N’est-ce pas une institution de trop ? Cette question est primordiale, dans notre cas ; même si elle a l’air anodin. Elle est la fondation sur laquelle d’autres questions se posent ; des questions qui nous amènent à évaluer notre malheureuse expérience à la lumière des principes universels et eternels. Le présent article répond à la question élémentaire de savoir si nous avons besoin de dirigeants et pourquoi.  De là, nous comptons remonter la pente et identifier les causes de nos malheurs.

 

Revenons à la question. Avons-nous besoin d’un gouvernement ? Eh bien, même si nous n’avons pas la garantie d’avoir exactement le genre de gouvernement que nous voulons, et malgré le risque d’avoir exactement le genre de gouvernement qu’il est dangereux d’avoir ; nous en avons besoin. Evidemment, il y a des gouvernements pires que le chaos (même s’ils sont rares) ; mais il vaut mieux avoir un gouvernement médiocre que de ne pas avoir de gouvernement du tout.  Seulement, il n’est pas sage de se contenter de la médiocrité quand on peut avoir l’excellence. Comme il est possible d’avoir un gouvernement capable de bien faire son travail, on ne devrait jamais dire, « nta kundi » avec un gouvernement médiocre. Mais cela n’est pas la question qui nous occupe, pour le moment. Parlons maintenant de quelques raisons qui justifient l’importance d’avoir un gouvernement.

 

La nécessité du gouvernement découle de deux besoins fondamentaux : celui de faire l’ordre dans la société et celui de protéger la société contre la possibilité d’être submergé par le mal. La nature ne semble pas aimer le hasard, et encore moins le vide; une société qui n’est pas organisée invite le chaos en son sein.  Même si nous mettions le problème du mal à l’ écart, l’organisation de la société resterait une nécessité absolue et non un luxe. Même pour une société dont les membres sont parfaits, il est important que les rôles soient partagés, que des décisions d’intérêt général soient prises, que la gestion des ressources se fasse de la meilleure manière et que l’ordre des priorités relatives à l’intérêt public soit établi.

 

Il est vrai que ces décisions peuvent être prises par une population de 10 millions de personnes ; mais cela impliquerait des questions complexes de logistique, d’organisation, de temps et de moyens matériels. « Ubunyegeri bwinshi ntibwimba », disaient nos ancêtres ; la foule ne raisonne pas, disent les Français. La prise de décision est un processus qui exige de bonnes connaissances dans le domaine concerné ; et la capacité d’atteindre une bonne décision, en temps raisonnable, en dépend. Avec une population de 10 millions, la plupart des décisions viendraient trop tard ! Il vaut mieux prendre le risque de confier la responsabilité de prendre des décisions d’intérêt public à un groupe de personnes plutôt que d’engager tout un peuple dans un débat dont la gestion serait problématiques ; et sur toutes les questions d’intérêt général. C’est pour cette raison que les dirigeants sont nécessaires. Avec des leaders capables, il est facile que toutes les décisions vitales concernant l’organisation d’une nation soient prises avant qu’il ne soit trop tard.

 

Si les décisions d’organisation ne peuvent pas être prises et acceptées, alors chacun fera ce que bon lui semble ; et on retournera à la jungle, à la phase pré-organisationnelle ! La volonté du plus fort sera la loi et les faibles vivront en esclaves. Sans une autorité respectée par tout le monde(ou au moins par la majorité), les luttes entre les forts seront interminables ; et le plus fort aujourd’hui sera évincé (ou tué) demain, ce qui créera une instabilité permanente dans la société. Et comme chaque membre de la société fera ce qui lui plait, le désordre et le chaos démineront la société. Si les femmes et les filles peuvent être violées dans un pays qui a un gouvernement, un système judiciaire, une armée, une police et un service de renseignement, que leur arriverait-il s’il n’y avait rien de tout cela ?

 

Il est vrai qu’avec un gouvernement irresponsable, les organes de protection du peuple peuvent se changer en tortionnaires du peuple ; mais l’exception ne fait que confirmer la règle. En fait, cette éventualité nous révèle une vérité délicate : pour un peuple, il ne suffit pas d’avoir les institutions de l’état pour bien vivre ;  les institutions de l’état peuvent être l’incarnation du mal qui rend leur existence nécessaire. Nous reviendrons à cette vérité ultérieurement. Pour le moment, admettons quand-même que le bonheur humain et la survie de la société humaine exigent un minimum d’ordre, et donc un minimum d’organisation. Par implication, il exige qu’il y ait des décideurs.

 

En plus du besoin d’organisation, la race humaine fait face au problème du mal (ou du péché si vous êtes croyant). Philosophiquement, l’univers n’est pas un espace moralement vide ; c’est un terrain de combat entre deux forces : le bien et le mal. Le mal est une réalité qui fait partie intégrante du cosmos en général et de la vie humaine en particulier. Il est insaisissable, son origine est controversée ; mais ses effets sont évidents dans nos vies : accidents, catastrophes, injustices, guerres, etc. La survie de la race humaine dépend de sa capacité de ne pas se laisser détruire par le mal sous toutes ses formes. La société doit savoir prévenir les différentes manifestations du mal pour en limiter les dégâts et maîtriser le plus rapidement et le plus efficacement possible le mal qui se manifeste.

 

Par exemple, si une société ne peut pas bien gérer les conflits latents entre ses membres pour éviter une guerre ouverte, si elle ne peut pas maîtriser ses membres qui, par pure méchanceté, font souffrir les autres membres, si elle n’a pas de mécanismes de prévention des catastrophes naturelles, si elle n’a pas de mécanismes efficaces de sauvetages des personnes qui se retrouvent soudainement en détresse, si elle ne peut pas traiter les maladies ou administrer les vaccins ; si elle n’a pas un système judiciaire qui s’occupe de ses membres qui prennent plaisir à faire souffrir les autres, elle peut être sûre que sa survie est très limitée dans le temps. Les flots du mal finiront pas l’engloutir.

 

Or, pour faire ces choses, il faut toute une foule de décision et l’organisation de plusieurs services. Cette organisation exige une certaine gestion des ressources (formation du personnel soignant,  construction des centres de recherche médical, organisation du système judicaire et carcéral, organisation de la police de protection civile, etc.). Les décisions qui concernent l’organisation de toutes ces choses exigent  des connaissances qui ne sont pas accessibles à tous les membres de la société au même degré. En outre, plus les décisions doivent être prises par un grand nombre de personnes, plus lent le processus devient. Or, certaines décisions doivent être prises et appliquées rapidement. Il est irresponsable d’organiser des discussions pour décider ce qu’il faut faire quand un immeuble habité est en feu. Il faut savoir agir rapidement pour sauver des vies ; et cela exige une bonne organisation. Quelqu’un doit pouvoir décider rapidement ce qu’il faut faire, mais ce quelqu’un doit être investi du pouvoir de prendre une telle décision.

 

Si vous demandez à une population de 5 millions de dire s’il faut prioriser la formation de médecins compétents pour traiter localement les pathologies les plus fréquentes, l’achat d’un hélicoptère pour la police de protection civile pour qu’elle puisse sauver les vies en danger en peu de temps sur tout le territoire, ou s’il faut prioriser l’élargissement des routes et l’installation des feux de signalisation sur les grands carrefours pour réduire le nombre d’accidents mortels de circulation ; beaucoup de vies qui auraient pu être sauvées périront avant qu’une décision consensuelle soit trouvée. Il faut qu’il y ait des dirigeants qui prennent ce genre de décisions ; mais ces décideurs doivent représenter, autant que faire se peut, les intérêts du peuple. Ils doivent aussi faire preuve de capacité de naviguer entre les différentes possibilités pour trouver la meilleure alternative.

 

Ainsi donc, pour des raisons pratiques, la protection de la société contre les assauts du mal naturel et du mal humain exige qu’il y ait des décideurs, capables de se réunir rapidement et prendre les décisions qui s’imposent. Ces décideurs doivent avoir assez de connaissances pour prendre les bonnes décisions. Une société dont les décideurs ont une grande perspicacité sera plus heureuse que celle dont les leaders ne voient pas au-delà du bout de leur nez – comme on dit en Français. Des fois, il y a plusieurs bonnes décisions possibles, et les décideurs doivent alors trouver celle qui est la plus bonne. Ceci n’est pas donné à tout le monde.

 

Pour pouvoir réduire les durées des délibérions sans toutefois produire des décisions médiocres, les décideurs doivent œuvrer dans le cadre d’un programme de société large qui définit les priorités globales et fournit ainsi des orientations précieuses dans la gestion des détails de la vie de la société. Sans un tel programme, les décisions prises dans les différents domaines seront incohérentes et dépendront plus de l’humeur et des caprices des décideurs ou de la volonté (égoïste soit-elle) du décideur suprême ; au lieu d’être guidées par la primauté de l’intérêt général sur l’intérêt personnel. Les décisions égoïstes des décideurs sont une claire indication qu’ils n’ont pas de priorités nationales.

 

Ainsi donc, un pourrait dire, d’une façon générale, qu’il vaut mieux avoir un gouvernement médiocre que de ne pas avoir de gouvernement du tout. La vie est impossible ou extrêmement difficile dans le chaos ; mais avec un minimum d’ordre, il est possible de vivre et de réaliser ses rêves, partiellement peut-être. Mais, ceci ne signifie pas qu’il faut se contenter d’un gouvernement médiocre pour juste survivre. Nous ne sommes pas ici pour exister ou survivre ; mais pour vivre. Et pour vivre vraiment, nous avons besoin d’une société bien organisée ; ce qui implique la nécessité de décideurs compétents. Comme il est possible d’avoir de bons dirigeants ; capables d’organiser la société pour le bonheur de tous, il ne faut pas viser moins que cela. Oui, il est probablement difficile de réussir et facile d’échouer dans cette quête noble ; mais, comme l’a dit Abraham Lincoln, la probabilité de l’échec dans une lutte donnée ne doit jamais nous amener à ne pas soutenir une cause que nous croyons juste.  

 

Je voudrais souligner, ici, quelque chose qui fera l’objet d’un autre article dans un proche avenir : la boussole qui doit guider les décideurs dans tout ce qu’ils font. Les décideurs n’existent pas pour le plaisir de diriger ou pour jouir des privilèges. Cela serait comparable à l’achat et la prise d’un médicament juste pour avoir ses effets secondaires. Ils n’existent pas pour brandir leurs titres ou leur pouvoir et impressionner les citoyens des pays qu’ils dirigent par l’épaisseur de ces masques. Cela serait comparable à l’utilisation d’un hélicoptère pour transporter trois kilos de sucre à deux kilomètres. Les leaders existent pour une cause qui transcende leur propre bien-être et leur propre vie : créer des conditions qui permettent l’épanouissement et le bonheur de la société, y compris les générations qui ne sont pas encore nées.  La vie des nations et celles des peuples transcendent la vie des dirigeants. Sans une cause plus grande que leurs vies, les dirigeants n’auront pas une base idéologique suffisamment forte pour inspirer le meilleur d’eux-mêmes.

 

Ainsi donc, c’est le bonheur des membres de la société qui constitue l’unité de mesure du degré de réussite ou d’échec des leaders. C’est cet objectif qui doit expliquer pourquoi ils prennent une décision quelconque et non une autre. S’ils ne parviennent pas à améliorer les conditions de ceux qu’ils dirigent, ils sont incapables de faire le travail. Ce n’est pas normal qu’un gouvernement se plaigne, par exemple, qu’il y a trop de chômeurs et qu’il ne peut pas leur offrir des emplois. Parler comme ça, c’est comme un médecin qu’il se plaindrait d’avoir des patients ! Eh bien, cela serait une déclaration de son échec de faire la profession de médecin. Le problème de chômage fait partie de la raison pour laquelle le gouvernement existe. Un tel gouvernement n’a pas compris pourquoi il existe et ne mérite pas d’être à la tête d’un pays. Nous avons besoin d’une société organisée de telle sorte que chacun puisse avoir un emploi décent ; et c’est pourquoi nous avons besoin d’un gouvernement  qui puisse prendre des décisions qui peuvent rendre cela possible. Le rôle du gouvernement n’est pas de distribuer des emplois, mais de créer des conditions qui permettent la création d’une infinité d’emplois. Selon Adam Smith, le père de l’économie moderne, tout peuple a un potentiel illimité de créativité susceptible de diversifier l’activité économique à l’infini. C’est le rôle du gouvernement de créer des conditions qui permettent l’exploitation de ce potentiel. Ici, le principe de l’économie du marché est incontournable. Quand un gouvernement contrôle l’économie, il limite les initiatives économiques privées alors que, si nous écoutons l’histoire attentivement, l’évidence montre que c’est la seule façon d’encourager la création de l’emploi.  

 

Mais, reconnaissons qu’il n’a pas été donné à tout le monde d’avoir la capacité de faire cela. Un bon gouvernement doit être composé de cette « petite minorité créative et engagée qui a toujours rendu le monde meilleur » (Martin Luther King Junior) pour pouvoir bien faire son travail de protéger la société contre le désordre et le mal et créer les conditions qui lui assurent bonheur et stabilité. En effet, le rôle du gouvernement n’est pas de rendre la vie amère pour le peuple ou une partie du peuple ; mais de la rendre meilleure pour tout le monde. Or, une telle capacité ne dépend pas du simple fait de gagner une élection ou d’être nommé à un poste de responsabilité ; elle dépend de la qualité du dirigeant. Comme l’a dit martin Luther King Jr., on n’a pas encore commencé à vivre aussi longtemps qu’on ne s’est pas encore élevé au—dessus du territoire limité de ses inquiétudes individualistes pour s’intéresser aux soucis plus larges de toute l’humanité. Cette ouverture d’esprit, cette noblesse d’âme et cette générosité qui transcende ce qui divise les petites gens constituent la vraie matière à partir de laquelle un leadership politique constructif et efficace se fonde.

 

Mais, tous ceux qui veulent diriger les nations n’ont pas cette grandeur d’âme et, par conséquent, l’histoire montre que, parfois, les dirigeants sont la source des problèmes qu’ils sont supposés combattre. Quand les dirigeants causent plus de souffrance à leur peuple qu’il n’y en avait avant, ils ne sont plus la solution au problème ; ils sont le problème. Le dirigeant qui ne peut pas résoudre les problèmes du peuple doit au moins les laisser tels qu’ils sont. C’est de l’incompétence. Mais celui qui blesse un peuple déjà blessé ou qui appauvrit un peuple déjà appauvri est pire. Quand un médicament empire la condition médicale des patients, il est rejeté d’office. Tout en acceptant qu’il ait des effets secondaires désagréables, le médicament doit pouvoir au moins arrêter la destruction du corps et rétablir la bonne santé. Si ses effets secondaires font plus de dégâts que la maladie elle-même, alors le médicament est plus dangereux que la maladie qu’il est supposé combattre. De même, les décideurs doivent pouvoir arrêter le progrès des problèmes et les résoudre. Si les décideurs empirent les problèmes de la société, ils disent à qui veut les entendre qu’ils sont eux-mêmes le plus grand problème ; et qu’il est très irresponsable de leur faire confiance.

 

Ceci nous amène à faire une observation qui n’est pas moindre : bien que le fait d’avoir des décideurs soit une bonne chose et une nécessité de la vie, il ne suffit pas d’en avoir pour avoir une société bien organisée et heureuse. Le fait d’avoir des décideurs constitue un danger potentiel. Comme le lecteur le sait sans doute, certains problèmes des peuples découlent de l’incapacité ou de la mauvaise fois des décideurs. Il y a des décideurs qui, au lieu de résoudre les problèmes existants, les compliquent et / ou en créent de nouveaux problèmes. D’autres créent de nouveaux problèmes en essayant de résoudre ceux qui existaient, simplement parce qu’ils proposent des solutions dépourvues de sagesse.

 

La tragédie de la deuxième guerre mondiale et du génocide des Juifs a été le produit de l’œuvre du régime Nazi incarné par Adolphe Hitler. Les régimes autocratiques d’après l’indépendance en Afrique ont intégré le tribalisme et l’exclusion des groupes non représentés au pouvoir  dans la gestion des pays. Certains ont enregistré de bonnes réalisations dans certains domaines, mais ils ont institutionnalisé une foule d’injustices interconnectées, provoquant ainsi des frustrations et des guerres civiles ici et là. En d’autres termes, le fait d’avoir un gouvernement n’est pas nécessairement une solution au double problème qui rend le gouvernement nécessaire ; le gouvernement peut être un catalyseur qui amplifie ces problèmes. Pourquoi en est-il ainsi et que faut-il faire pour éviter cela ? C’est le sujet de l’article qui va suivre.

 

Pour le moment, contentons-nous de conclure que nous devons absolument avoir des dirigeants qui prennent des décisions qui nous concernent. C’est un passage obligé et nous ne pouvons nous y dérober qu’au prix de notre survie. Il ne sert à rien de gaspiller du temps à chercher des moyens de contourner cette nécessité. En plus, il est irresponsable d’abdiquer et de confier le bonheur de sa société (et donc son propre bonheur) aux autres ou au hasard. Nous devons tous apporter notre pierre sur l’édifice, soit en faisant partie des décideurs ; ou alors en œuvrant d’arrache-pied pour que nous soyons représentés par des décideurs qui incarnent le plus les principes fondamentaux de la vie des nations. Notre vie et notre bonheur en dépendent. Apprenons de celui qui a dit que, « si vous ne pouvez pas éviter de faire quelque chose, alors faites-le de toutes votre force et avec toute votre sagesse ! Ce que vous devez faire, faites-le de telle sorte que vous n’ayez jamais à le regretter !»